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Une interview à Artparis08 et…

Autour d’un café 

 

Un café, tout à côté de sa galerie, rue Vieille du Temple, à l’ombre des jardins du musée Picasso. Pierrick Sorin commande un pastis et s’assoit. Juste avant de reprendre son train pour Nantes où il vit et travaille. Aller-retour sur Paris. Pour rajouter deux nouvelles pièces à son exposition. C’est l’heure du déjeuner. Le café bat son plein. “A Paris, j’ai du mal à m’habituer à ce qu’il y ait des gens partout.  En tant que fils unique, j’ai été habitué au calme… c’est pour cela que je travaille dans un ancien entrepôt de produits pharmaceutiques, très spartiate au quatrième étage sans ascenseur », précise t-il. L’artiste que se disputent les musées et les institutions de toutes sortes et dont l’emploi du temps est rempli jusqu’en juin 2001 baille de fatigue. Et s’excuse : “Je n’ai pas encore  mangé”. Guère dormi non plus, apparemment. On ne sait d’ailleurs pas trop s’il faut croire à sa timidité pleine de charme, si touchante. A son sérieux. Son angoisse. A son regard et sa silhouette un peu beau ténébreux…

 

Ses oeuvres

 

Car dans ses oeuvres, le vidéaste prestigitateur se donne une réputation sulfureuse et exhibitionniste pleine d’humour et d’auto-dérision comme la « figure fragile tout à la fois bouffonne qui s’acharne parfois aux pires bêtises, souvent sadiques », écrit Elisabeth Milon.  Docteur Jekill et Mister Hide ? En tous cas, son image virtuelle miniaturisée n’en fait, en effet, qu’à sa tête ! Son  “Mini Sorin” holographique court en slip et chaussettes sur un vieux tourne disque quant il ne dévoile nu avec l’aide d’un traversin les 147 positions du kamasutra ! Une autre fois, dans la maquette d’une chambre à coucher, l’artiste solitaire écoute, épuisé, son répondeur. Depuis ses “Réveils” en 1988, où il se filmait tous les matins promettant de se coucher tôt, à son oeuvre monumentale pour Carcassonne et son projet pour une galerie marchande de Pau où il surprendra les acheteurs au détours des rayons, en passant par Beaubourg,  l’artiste d’à peine quarante ans joue sans cesse sur le fil du rasoir. Entre l’invraisemblable et le crédible. Entre la monstruosité et l’humanité. Entre le pathétique et le loufoque. Entre cynisme et nostalgie. “Il faut avant tout que le spectateur soit pris à partie, soit par la modification de ses repères, soit par différentes formes d’agressivité. Car l’agressivité a des côtés salvateurs”, explique t-il. Ainsi nourri par les bandes dessinées, les “Charlots” et autres” Laurel et Hardy” ou Buster Keaton  de son enfance, le vidéaste jongle avec notre quotidien dans sa multiplication  d’auto-mises en scènes. Las de son images ? “Il semble que je peut passer ma vie à faire ce travail sans que cela soit répétitif. Je me demande ce qui se passera lorsque j’aurai 75 ans et que je me mettrai devant la caméra. Ce sera peut-être complètement ridicule !” dit-il en riant. Intéressé par les longs métrages ? “Je suis plutôt du côté des peintres et des écrivains au niveau de l’attitude de travail qu’au niveau des cinéastes. C’est d’ailleurs pour cela que je me filme moi-même. Ce n’est pas un besoin ni un plaisir… parce qu’une fois la conception et le montage vidéo au point, au moment du tournage,  j’arrive sur les genoux !”.

 

Un déstabilisateur du réel

 

Pour déstabiliser le réel, Sorin joue de toutes les stratégies, de toutes les pitreries, de tous les subterfuges. Dans ses saynètes, il déforme son visage, se déguise, se ridiculise, fait l’idiot, parle, avoue, se confie, s’interroge, se critique, modifie sa voix, se regarde ou vous regarde. Droit dans les yeux.  Il devient tantôt grossier ou timide, roublard ou crétin, quant il ne s’invente un frère ou met en scène père et mère ! Ici ca grince et ca dérange. Ici la vidéo se métamorphose en boîte magique où la réalité glisse, dérape, perturbe et trouble. Le spectateur se perd. Ne sait plus. Ne sait vraiment plus. Où est le vrai du faux, le dedans du dehors. Il sait seulement qu’il aime ça. Il aime regarder les petites histoires miraculeuses et pourtant sans complaisances de l’artiste vidéaste.  Tout simplement, parce qu’en se regardant lui-même, celui-ci questionne l’autre. Son pastis fini, Pierrick Sorin s’en va. Direction Nantes. Restent ses oeuvres. Magiques.    

 

Photos tirées du site de Pierrick Sorin avec son accord (”j’aime bien être recopié…”)

“Pierrik Sorin”, Centre des Arts d’Enghien. Du 17 avril au 29 juin.

Voir www.pierricksorin.com

 

Le célèbre plasticien Claude Levêque toujours en quête d’émotions fortes s’installe chez Louis Vuitton où il espère que le visiteur retrouvera son âme d’enfant hanté par la lumière et le noir, le rêve et l’angoisse. A 28 ans, Laurent Pernot présente dans la vitrine de Christian Dior « Le Quid », un film d’animation où son personnage, à la fois Petit Prince et Peter Pan, finalement pas très rassurant…,  fait errer l’imagination entre le vivant et le mort…. Plus coloré et ludique, ouf, et merveilleusement baroque,  l’univers de Marina de Caro joue des matières et des couleurs chez Kenzo pour inventer un nouveau lieu unique et terriblement sensible, tandis que Marlène Mocquet présente ses dessins à la naïveté enfantine, si raffinée, si flous, à la limite du spectrale et du rêve dans la boutique Christian Lacroix. Le café de Flore se retrouve envahit par les photographies de Nicole Tran Ba Vang, toujours inspirée par le corps et son environnement, créant pour ce lieu magique un dispositif de miroir où le visiteur et même les habitués du lieu pourraient bien se perdre ! C’est chez Arthus-Bertrand que les réflexions sur la nature et la culture de Karen Knorr se révèlent avec sa mystérieuse série de photographies où l’artiste donne aux animaux des attitudes humaines. Ils sont une trentaine dans une trentaine de lieux !  Attention, « Il était une fois »… rêve ou réalité ?

 

« Il était une fois… » 6ème édition du parcours Saint Germain. Voir www.parcoursaintgermain.com. Du 29 mai au 19 juin.

Que vois-tu à l’exposition ?

Son mot d’ordre : créer des meubles confortables ».  « J’ai traité du pouvoir, de la représentation par le biais du fonctionnalisme. La volumétrie des pièces en était une des dimensions : une révérence ». Depuis les années 50, Pierre Paulin bouleverse les codes et les styles de vie des français. Incontournable, il a été reconnu sous la présidence de Georges Pompidou et celle de François Mitterrand pour qui il aménagea un grand nombre de pièces pour l’Elysée. Son travail apparaît toujours magnifique. Des sièges souples et moelleux, des courbes invitation au repos, des banquettes à combinaison multiples où l’on peut s’asseoir comme on veut ! Sa qualité reste avant tout une synthèse entre tradition et modernité. Tout dans les tons beiges pour l’Elysée, Pierre Paulin adore aussi les couleurs comme le montre si bien la photo ci-dessus. A 81 ans, il étonnera toujours !

 

« Pierre Paulin, le design au pouvoir », Galerie des Gobelins, 42, avenue des Gobelins, 75013 Paris. Tél. : 01 44 08 53 49. Jusqu’au 27 juillet.

Ils sont trois et n’ont pas froid aux yeux ! Tous pluridisciplinaires, aussi bien dessinateurs, photographes, vidéastes et musiciens, le PG  Group tente de montrer la pensée du plus grand nombre. Et ce grand nombre, ce sont les russes ! On y voit l’invasion des Chinois en Russie, avec tout ce qu’elle peut comporter comme violences en tous genre…, les hommes s’exilant sur une autre planète car envahis par la neige, Moscou se transformant en paradis terrestre !!! Ca dérange, ça secoue dans tous les sens ! Caroline et Jacqueline Moussion n’ont toujours pas fini de nous étonner !

 

« PG Group », Galerie Rabouan Moussion, 121, rue Vieille du Temple, 75003 Paris. Tél. : 01 48 87 75 91. www.rabouan-moussion.com.

“Design contemporain finlandais. Promenons nous dans le bois”, 107, rue de Rivoli, 75001 Paris. Voir www.lesartsdecoratifs.fr. Du 29 mai au 31 août.

 

L’exposition présente des photos d’Anne et Patrick Poirier. D’incroyables insectes… Mais il y a surtout une installation intitulée “La Fabrique de la Mémoire”. Presqu’un miracle. Un vision. La pureté à l’infini. Un bain dans un lieu “hors de tout lieu” selon Michel Foucault. En y regardant de plus près, il s’agit d’un pavillon entièrement bâti de miroirs où sont inscris les “mécanismes” de la mémoire. Dans cet sorte de temple en miroirs, il ne reste plus qu’à se laisser aller au souvenir où à se projetter dans l’avenir.

    

 

 

 

Que vois-tu à l’exposition ?

 

Une exposition évènement qui regroupe les splendides photographies de Robert Mapplethorpe et les premiers dessins d’Antony Gormley. La beauté des corps du photographe, le noir et blanc, ses images quasi iconiques, croisent la finesse de l’œuvre graphique de Gormley qui dépose des traces de corps sur des papiers qu’il fabrique parfois lui-même avec des chiffons, de la paille ou ce qu’il trouve sous la main ! « Les substances que j’utilise pour dessiner ne doivent pas aller de soi… Le noir de la fumée, la noir animal, la caséine, l’huile de lin, le lait, le sperme, le sang,… ont tous des propriétés différentes, provenant du corps ou de la terre, d’un organisme végétal ou animal. Leur réactivation ne les rend pas anodines ». Deux expositions superbes où le corps prend toute son importance et où le photographe comme le peintre en sont passionnés.

 

“Robert Mapplethorpe et Antony Gormley”, Galerie Thaddaeus Ropac, 7, rue Debelleyme, 75003 Paris. Tél. : 01 42 72 99 00. Du 7 mai au 7 juin.

Lisa Lyon, 1982, Robert Mapplethorpe Foundation, Used by permission

Gormley, Inside, 1989, Feeling Material, 2003

Film sur l’exposition de Rebecca Horn à la galerie Lelong réalisé lors du vernissage de l’exposition avec Daniel Lelong, Jacques Dupin et Jean Frémon, directeurs de la galeries. Et parmi les invités Rebecca Horn et d’autres artites phares de la scène française et internationnale dont Anne Messager, Christian Boltanski,  Ernest Pignon-Ernest,  Pierre Alechinski…

Souvenir d’une exposition de Rebecca Horn au Carré D’art de Nîmes. 

Tout commence à partir d’une petite roue de plumes. Parce que Rebecca Horn reste fascinée par les animaux fabuleux. Parce qu’aussi attentive à l’architecture du Carré d’Art de Nîmes, ouvert sur le ciel, elle a imaginé un oiseau entrer dans les salles. Et il n’y a plus qu’à le suivre. Pénétrer cette exposition si cohérente et magnifique  où toutes ses recherches, tous ses mythes, toutes ses hantises se retrouvent et s’accordent, de salle en salle,  à l’instar des chapitres d’une fiction.

L’art comme exorcisme 

Car ici, plane sans cesse l’ombre de cette jeune étudiante aux Beaux-Arts de Hambourg, qui, travaillant le polyester, fut victime, à vingt-quatre ans, d’une infection pulmonaire. Passent les si longs mois au sanatorium, où Rebecca Horn saisit son art comme une tentative de fuite. De vie. Où son héros, Buster Keaton devient le salvateur, le guide vers la liberté. Et cela n’a pas cessé.  Et cela ne cessera plus. On pense bien sûr à Frida Khalo qui  peignait sa douleur et son corps broyé. Mais Rebecca Horn exhausse sa souffrance personnelle pour atteindre l’universel. Elle part de son corps et de l’espace de son corps pour toujours mieux comprendre et palper l’existence humaine. Pour ouvrir les frontières. Faire exploser la conscience. L’inconscience. Lacher prise. Célèbre pour ses vidéos et ses performances des années soixante dix où l’artiste allemande invente des peintures et des sculptures corporelles, puis des films de fiction, c’est à partir des années 80, qu’elle se concentre sur des mises en scènes de machines mécaniques et autonomes qui la consacrent définitivement comme sculpteur.

Naissance des installations

Mais le désir et la violence restent les mêmes. De ses harnais de crayons, de ses masques de plumes, de ses tubes à faire circuler le sang aux installations de ses dix dernières années, c’est toujours le même enchantement artistique qui doit happer, surprendre, désorienter, questionner, aider. En stimulant tous les sens. Et c’est cela qui nous envahit dans l’exposition de Nîmes, qui nous prend, nous soulève, nous fait peur, nous ensorcelle encore ou nous ravit. Nous emporte donc. Loin. Dans les contrées mythiques d’Eros et de Thanatos d’où un baiser de serpents jaillit un rayonnement électrique.  Dans des espaces mystérieux et silencieux, où tout à coup, un violon accroché très haut dans la salle grince et soupire. Plus loin, sur un mur, un immense dripping à la Pollock réalisé par une machine, une fois l’oeuvre terminée, répète son geste. Indéfiniment. A vide. Ailleurs encore, une immense tige métallique comme un doigt pointé sur les maux et les génocides du monde dessine une spirale invisible dans l’espace. Aux côtés de ces tortures de l’esprit, comme souvent, la légèreté. L’incroyable légèreté d’un papillon battant des ailes. Mais si Rebecca Horn défie à l’infinie le geste du peintre, elle perpétue à l’infinie également le geste d’écriture. Frontières. Frôlement des frontières. Car l’artiste jongle avec les mots, écrit des textes, des poèmes, invente des titres fabuleux et un vocabulaire de symboles similaire à celui de la psychanalyse ou des différentes religions. Syncrétisme donc, chez cette passionnée de  bouddhisme,  qui utilise à la fois l’ordre plastique, littéraire et poétique et ose ainsi porter toujours plus loin l’héritage du surréalisme. Comme disait Henri Michaux à propos de l’oeuvre de Paul Klee  “Pour entrer dans ses tableaux… Il suffit d’être l’élu, d’avoir gardé soi-même la conscience de vivre dans un monde d’énigmes, auquel c’est en énigmes aussi qu’il convient le mieux de répondre”.     

C’était lors de l’exposition “Rebecca Horn”, Carré d’Art - Musée d’art contemporain de Nîmes, Place de la Maison Carré, 30031 Nîmes en 2000.

 

Les vibrations, les murmures et les étincellements de l’oeuvre de Rebecca Horn se poursuivent dans sa peinture et ses dernières sculptures créees pour l’exposition dans sa nouvelle galerie, la galerie Lelong. Ici, l’artiste nourrie de poésie et de philosophie a pris pour titre en filigrane le célèbre livre d’André Breton, “L”Amour cosmique-fou du faucon rouge”. Ses peintures apparaissent comme des jets d’encre et de sang.

 

 

Exposition “Rebecca Horn”, galerie Lelong, 13, rue de Téhéran, 75008. Paris. Tél. : 01 45 63 13 19. Du 14/03 au 10/05.

www.galerie-lelong.com

Caroline Lacoste ( fondatrice de Artparis), Henri Jobbé-Duval ( directeur artistique de Artparis), Jean-Paul Bath ( Art Actuel), Renaud Bergonzo (galerie Acte2), Jean-Gabriel Mitterand (galerie JGM), Daniel Templon (Galeriste) , Françoise Paviot (galeriste), Claire Chevrier, Orlan, Ilona Orel (galerie Orel Art), Renaud Bergonzo (galerie Acte2), artiste de la galerie Strouck signant le livre d’or, Philippe Perrin, Brice Fauché (galerie Sollertis), Damien Aspe, Jean-Marc Benamou (galeriste), Mary Sue, Jacqueline Moussion (galerie Rabouan Moussion), Susanne van Hagen, Dominique Chenivesse (galerie Gilles Peyroulet), Louis Tonitelli, Pierrick Sorin, Odile Aittouares Inzerillo (Galerie Berthet-Aittouares), un artiste de sa galerie signant le livre d’or, Kimiko Yoshida, Brahim Alaoui (commissaire de l’exposition consacrée au monde arabe), Fouad Bellamine, un artiste du monde arabe signant le livre d’or, Karima al shomaly, Faisal Samra , Samir Sabet D’Acre, Bernard Ceysson (galeriste), Nathalie Obadia (Galeriste), Xin Dong Cheng (galeriste), Bernard Vidal (galeriste), Anahita Ghabaian Etehadieh (galerie Silk Road).

 

 

Réaliser le projet VIDEOBOX pendant la foire Artparis08 a été aussi passionnant qu’éreintant ! Ce fut une expérience formidable. Les rencontres multiplièrent les échanges, les contacts, les liens dans un enthousiasme communicatif. Artistes, galeristes, collectionneurs, commissaires d’exposition se sont tous pliés au jeu de la question unique « qu’est ce qui vous a ouvert les yeux à l’art ? »  Et tous ont été au-delà de nos espérances en nous donnant les « perles » de leur enfance qui les ont fait être les personnalités  d’aujourd’hui et dont nous connaissons l’accomplissement. A chaque personnalité son histoire. A chaque personnalité son miracle, ce fameux « déclic à l’art ».  Une soixantaine d’acteurs de l’art contemporain acceptèrent d’être interviewés.  Ils participèrent  à notre projet comme vous pouvez déjà en voir un extrait dans le diaporama ci-dessus ! Et encore, si la foire ne s’était pas arrêtée nous y serions encore !   La bonne humeur et le professionnalisme des uns et des autres nous ont encouragé dans notre production. Et tous les éléments étaient présents pour concocter un cocktail fascinant !

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INFO INFO INFO INFO !!!!!

 

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Anne Kerner et Christine Barbe vous informent de leur présence à Artparis08 avec une réalisation en partenariat avec Artparis08. Nous accueillons des acteurs d’Arparis: galeriste, artiste, critique d’art, collectionneur, éditeur d’art, commissaire d’exposition… à l’espace VIP Feuillatte qui nous reçoit pour cette production.

Le principe de ce projet : réalisation d’un film d’interviews de personnalités de l’art contemporain présentes à Artparis. Ces entretiens seront réunis dans un DVD.

Ce film servira d’outil de communication à Artparis et pourra être commandé auprès de «OUVRETESYEUX ».

Ils seront interviewés et filmés en répondant à la question : « Qu’est ce qui vous a ouvert les yeux à l’art? » .En référence aux souvenirs de l’enfance qui a déclenché leur vocation pour les arts. Temps de l’entretien : 5 à 10 mn.Nos horaires de tournage - le 2 avril de 14h à 17h et les autres jours de la foire de 11h à 13h

 VIDEOBOX est une production de http://www.ouvretesyeux.fr/ Le site d’Anne Kerner dédié à l’art d’aujourd’hui en textes images et vidéos

Partenaires

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Valérie Belin est une artiste rare. Aussi discrète que méticuleuse. Acharnée. En une petite quinzaine d’année, elle est devenue l’une des plus grandes photographes françaises reconnue dans le monde entier. Ici rien de superflu. Rien de bâclé. Au contraire. Valérie Belin apparaît d’une rigueur absolue. Car la photographe ne raconte pas, et ne désire surtout pas raconter. Elle offre des images prises à la chambre noire. Travaillées. Retravaillées. Sans relâche. Car cette jusqu’auboutiste joue du corps comme d’un objet et des objets comme d’un corps. La jeune femme qui découvrit sa vocation aux Beaux-arts de Paris considère son œuvre comme « une tentative obsessionnelle d’appropriation du réel où le « corps », au sens large du terme, jouerait un rôle déterminant ».

C’est sûrement pour cette raison que toutes ses séries s’imbriquent l’une dans l’autre. N’ont de sens que l’une par l’autre. Suite continuelle d’une œuvre en constant questionnement qui cherche « à rendre des moteurs de voitures comme des organes humains métalliques et inversement avec ses « Bodybuilders». Partout, Valérie Belin poursuit sa quête sur la profondeur du champ et de la lumière, l’emprunte de la lumière. Son but ? Aplatir le sujet, rester dans le plan, la surface. Au Maximum. Et ça recommence merveilleusement dans sa série des « Mariées marocaines ». Ici ça bouscule et ça dérange. Parce qu’au Maroc où elle se rend, elle se confronte aux problèmes liés à l’image mais aussi aux jeunes femmes qui aux robes traditionnelles préfèrent les robes occidentales légères. « L’une des photographies les plus fortes a été réalisée à Fez. Les autres images ont été faites en France où la communauté marocaine est plus attachée à la tradition et n’a plus ce problème lié à l’image ». Là encore, nous sommes dans le plan, face à des robes lourdes, chargées, qui annulent totalement le volume du corps. Puis ce sont ses  séries de visages qui retiennent le plus. Des visages différents. Des visages comme des sculptures. Sans expression. Sans individualité. Artificiels. Absents.  « Car tous les plans sont nets, du premier au dernier », explique Valérie Belin. Des visages comme ceux des poupées aussi. Ceux « de jeunes filles métisses aux cheveux synthétiques, portant des lentilles de couleurs et très recherchées dans leurs vêtements » qu’elle choisit lors de casting « sauvages » à la sortie du métro. « Lorsque je vois un visage, je court derrière cette personne… » !  Sans nul doute, Valérie Belin cherche à dévoiler l’ambiguë apparence des êtres et des choses. Leur même fondement. Le lien entre « l’œil et l’esprit » dont parle Merleau-Ponty.  Une œuvre existentielle et sublime dont le regard a du mal à se détacher.

 

« Valérie Belin. Photographies 1996-2006 ». Maison européenne de la photographie5/7, rue de Fourcy, 75004 Paris. Tél. : 01 44 78 75 00. Voir www.mep-fr.org. Du 9 avril au 8 juin.