Elle vient d’être remarquée à la Biennale de Lyon, Venise et Istanbul !C’est dire qu’à seulement 30 ans, Cao Fei, monte, monte, monte et apparaît déjà comme l’une des artistes chinoises les plus importantes de sa génération.
Le Plateau à Paris dévoile sa première exposition en France. Et l’on passe de découvertes en émerveillements, de l’histoire traditionnelle chinoise aux dernières nouveautés technologiques ! Car les installations incroyables de l’artiste entremêlent vidéos, textes, objets ordinaires et sculptures classiques. La jeune femme totalement influencée par la publicité, le cinéma, la télévision et les nouvelles technologies, intègre également dans son travail des bribes de culture de son pays venus tout droit de l’opéra, de la danse et du théâtre. Et nous voilà dans un univers totalement fictif. Une illusion totale. Avec des gens. Des vrais, des faux. Des sortes de Batman en costumes noirs, des fées d’une nouvelle ère, des combattants aux ailes d’or… ! Cette œuvre pluridisciplinaire extraordinaire cherche assurément le dialogue entre passé et avenir, dans une société en constante mutation. Courez-y !
« Cao Fei », Le Plateau, Place Hannah-Arendt, Angle rue des Alouettes et rue Carducci, 75019 Paris. Tél. : 01 53 19 84 10. Du 13/03 au 25/05. Voir www.fracid-leplateau.com. et www.caofei.com
Valérie Belin est une artiste rare. Aussi discrète que méticuleuse. Acharnée. En une petite quinzaine d’année, elle est devenue l’une des plus grandes photographes françaises reconnue dans le monde entier. Ici rien de superflu. Rien de bâclé. Au contraire. Valérie Belin apparaît d’une rigueur absolue. Car la photographe ne raconte pas, et ne désire surtout pas raconter. Elle offre des images prises à la chambre noire. Travaillées. Retravaillées. Sans relâche. Car cette jusqu’auboutiste joue du corps comme d’un objet et des objets comme d’un corps. La jeune femme qui découvrit sa vocation aux Beaux-arts de Paris considère son œuvre comme « une tentative obsessionnelle d’appropriation du réel où le « corps », au sens large du terme, jouerait un rôle déterminant ».
C’est sûrement pour cette raison que toutes ses séries s’imbriquent l’une dans l’autre. N’ont de sens que l’une par l’autre. Suite continuelle d’une œuvre en constant questionnement qui cherche « à rendre des moteurs de voitures comme des organes humains métalliques et inversement avec ses « Bodybuilders». Partout, Valérie Belin poursuit sa quête sur la profondeur du champ et de la lumière, l’emprunte de la lumière. Son but ? Aplatir le sujet, rester dans le plan, la surface. Au Maximum. Et ça recommence merveilleusement dans sa série des « Mariées marocaines ». Ici ça bouscule et ça dérange. Parce qu’au Maroc où elle se rend, elle se confronte aux problèmes liés à l’image mais aussi aux jeunes femmes qui aux robes traditionnelles préfèrent les robes occidentales légères. « L’une des photographies les plus fortes a été réalisée à Fez. Les autres images ont été faites en France où la communauté marocaine est plus attachée à la tradition et n’a plus ce problème lié à l’image ». Là encore, nous sommes dans le plan, face à des robes lourdes, chargées, qui annulent totalement le volume du corps. Puis ce sont ses séries de visages qui retiennent le plus. Des visages différents. Des visages comme des sculptures. Sans expression. Sans individualité. Artificiels. Absents. « Car tous les plans sont nets, du premier au dernier », explique Valérie Belin. Des visages comme ceux des poupées aussi. Ceux « de jeunes filles métisses aux cheveux synthétiques, portant des lentilles de couleurs et très recherchées dans leurs vêtements » qu’elle choisit lors de casting « sauvages » à la sortie du métro. « Lorsque je vois un visage, je court derrière cette personne… » !Sans nul doute, Valérie Belin cherche à dévoiler l’ambiguë apparence des êtres et des choses. Leur même fondement. Le lien entre « l’œil et l’esprit » dont parle Merleau-Ponty. Une œuvre existentielle et sublime dont le regard a du mal à se détacher.
« Valérie Belin. Photographies 1996-2006 ». Maison européenne de la photographie5/7, rue de Fourcy, 75004 Paris. Tél. : 01 44 78 75 00. Voir www.mep-fr.org. Du 9 avril au 8 juin.
Artparis non seulement fête ses dix ans mais aussi ses débuts en Orient avec en novembre 2007 l’inauguration Artparis-Abudhabi et en 2009, Artparis-Shenzhen. Un Salon d’art moderne et contemporain à l’évolution remarquable.
Artparis fête ses dix ans ! Et dans la corbeille d’anniversaire sont nées les ouvertures vers le golfe Persique à Abu Dhabi l’an passé et vers la Chine à Chen Zhen pour l’an prochain. Le drapeau de ce « salon des passionnées » comme aime à l’appeler le directeur artistique Henri Jobbé-Duval s’exporte donc avec succès vers les nouveaux pays émergents. Avec la culture française comme étendard !
Mais tout d’abord, début avril, Artparis ouvre donc à nouveau ses portes sur 5000m2 sous la superbe verrière du Grand-palais. Fort des résultats de l’an passé. Avec plus de 40 000 visiteurs. Avec des prix encore jamais atteints au Salon comme une œuvre de Tom Wesselman vendue 800 000 euros ou celle de Keith Haring à 650 000 euros, des galeries exceptionnelles et des présentations superbes commede nombreuses ventes dans les stands contemporains. Le Salon redéploie donc ses très beaux espaces. Et aujourd’hui le visiteur comme l’acheteur y trouve art moderne et contemporain, des sculptures, des peintures, de la photographie, des vidéos, des installations… « Cette année nous aurons une allée totalement consacrée à la photographie et la sculpture sera toujours présente, cette fois sous l’angle de la pièce unique, explique Henri Jobbé-Duval. Le but est de garder une grande place pour les galeries françaises et les galeries de province que l’on encourage toujours». Pas plus donc de 40% de galeries étrangères, mais un espace qui confirme l’ouverture vers les pays arabes conçu par l’historien d’art Brahim Alaoui , intitulé « Traversée ». Ainsi, sur 450m2, le visiteur admirera une vingtaine d’artistes exposés dont les déjà célèbres Kader Attia, Gada Amer, Mouna Hatoum ou Djamal Tatah.
Les liens avec les émirats furent ainsi conduits avec succès par Caroline Clought-Lacoste fondatrice d’Artparis. « Caroline et ses assistantes ont fait un travail remarquable de logistique… les traductions en arabe, le protocole assez stricte… mais tout cela s’est passé dans un enthousiasme général. Les plus de 9000 visiteurs venaient des émirats comme de Dubaï qui abrite beaucoup d’expatriés. Ils n’avaient encore jamais vu une telle manifestation dans le golfe Persique !Une telle approche, non muséale mais tournée vers la recherche, la discussion, l’acquisition, un art d’aussi haut niveau dans une aussi grande proximité », ne tarit pas Henri Jobbé-Duval.Les galeries moyen-orientales ont reçu un accueil enthousiaste et également très bien travaillé notamment avec leurs artistes et leurs acheteurs. « Ils étaient très heureux de cet échange avec la création internationale car ils apparaissent exclus de cette confrontation. C’était une première reconnaissance », poursuit-il. Les plus gros achats ont été réalisés sur des œuvres classiques, Miro, Picasso, Klein, Fontana mais les plus jeunes générations comme George Rousse ou Jürgen Nefzger ont su séduire les acheteurs.Comme les chefs d’entreprises, émirs, institutions et ministères qui tenaient à commencer à créer une collection et à soutenir le travail des galeries présentes. « Ils avaient pris l’engagement de soutenir le marché et ils l’ont tenus ! Pour la prochaine édition, l’idée reste de garder un tiers de galeries locales, un tiers de galeries françaises et un tiers de galeries internationales. Nous donnons une vraie valeur artistique et culturelle à la marque « Artparis » et désormais nous l’exportons », conclut Henri Jobbé-Duval, heureux de développer de nouveaux marchés, un pied dans les émirats et un autre bientôt en Chine. Un pari réussi entre Orient et Occident.
Artparis, Grand-Palais, entrée avenue Winston Churchill, 75008 Paris. Renseignements www.artparis.fr. Du 3 au 7 avril.
« Ce n’est pas l’art qui imite la vie mais la vie qui imite l’art », disait Oscar Wilde. Avec toute son histoire, avec son enfance, sa maternité, son couple, son corps, sa maison, oui, avec toute son histoire et toute sa vie, Louise Bourgeois a construit son œuvre. Une œuvre extrêmement intime. Extrêmement féminine. Et elle l’avoue elle-même : « Tout mon travail des cinquante dernières années, tous les sujets, trouvent leur source dans mon enfance ».
Une enfance belle et perturbée à la fois. A Choisy-le-Roi. Dans une grande maison blanche. Mais la nurse anglaise est aussi la maîtresse de son père. Elle portera ce fardeau longtemps. Trop longtemps peut-être. Mais « il faut abandonner le passé tous les jours ou bien l’accepter. Et s’y on n’y arrive pas, on devient sculpteur », avoue t-elle. « Epreuves, exorcismes » comme le dit si bien un titre du poète Henri Michaux. Et de ses blessures née une très grande œuvre. Immense. Colossale. Et surtout précurseur.
Car lorsque dans les années soixante les artistes formels se consacrent aux droites et aux angles, Louise Bourgeois s’adonne aux formes molles et organiques. Joue aussi du plâtre et du latex. Mais dans ce pays puritain qui l’accueille depuis la fin des années trente, il lui faudra une quarantaine d’années pour être enfin consacrée grâce à une rétrospective au MoMa de New York en 1983. Une exposition qui a les allures d’un début. Enfin. Désormais Louise Bourgeois se lâche. Et naissent ses immenses araignées appelées « Maman » dont on voit deux de ses représentantes pour la première fois en France à Beaubourg et aux Tuileries. Prolifèrent ses « Cellules », des espaces clos qui parlent d’elle, toujours d’elle. Et par la même des autres. Du monde. De soi. De « L’un et du multiple » dirait le philosophe René Guénon. Et partout le trouble, l’émotion, le frisson.
Car ici, plus de 200 œuvres ne parlent que de sexe. Rondeurs des seins et des ventres, multiplication des phallus et par-dessus tout, la célèbre œuvre crée peu après le décès de son mari, la « Destruction du père », sorte de grotte rouge, incandescente où gisent des morceaux de corps. Dans ses travaux récents, la vieille dame de 96 ans semble s’adoucir, non s’assagir, avec de superbes dessins et des sculptures en tissus. « Il s’agit du parcours complet d’une œuvre qui transporte dans un univers dont on ne sort pas indemne », conclut le directeur du Centre Pompidou, Alfred Pacquement. L’art, toujours, pour survivre.
“Louise Bourgeois, Centre George Pompidou”. Tél. : 01 44 78 12 33. www.centrepompidou.com. Jusqu’au 2 juin. A lire, le catalogue de l’exposition « Louise Bourgeois », sous la direction de Marie-Laure Bernadac et Jonas Storsve, 39 ,90 euros.
Autorisation de filmer et de prendre des photos par le service de presse du Centre Pompidou lors du vernissage presse.
Pour tous les visuels, mention ADAGP. (Vous pouvez lire ce texte dans le n°46 du magazine Edgar)
Où emmener ses enfants ? Dans la drôle d’exposition du plasticien Edouard Sautai !
Que fait Edouard Sautai ?
Il s’amuse avec le monde réel et le monde irréel et adore les objets en modèles réduits. Il joue avec les notions d’échelle, déjoue la perspective ! Et voilà, tout devient confus !
Que vois-tu à l’exposition ?
Dans l’envers d’un décor de plateau de cinéma réalisé avec des matériaux bruts, plein de photographies d’installations. Des constructions qui tiennent à peine debout, des abris de fortune, des matériaux trouvés aussi bien à la ville qu’à la campagne. Et par les jeux de l’illusion, tu crois que la maquette s’intègre au paysage environnant ! Pour les vidéos, même combat : Sautai décale, l’enfance et l’âge adulte, la réalité et la fiction, de ces objets réduits qui tout à coup prennent une autre dimension !
Le « plus » de l’exposition ?
Edouard Sautai a imaginé deux grands dispositifs qui permettent aux visiteurs, petits et grands de se familiariser avec la notion d’échelle de manière ludique grâce au « Perspectoscope panoramique » et le « Perdimètre à échelle » ! Venez vite découvrir ce que cet « atelier » vous concocte.
Les animations : Tél. : 01 44 78 12 33.
Pendant les vacances, de 14h30 à 16h30
Du lundi au samedi (sauf le mardi), tous les jours : 10 euros.
Dimanches en famille : 10 euros pour un enfant et un adulte.
Puis en avril, du samedi 19 avril au 2 mai inclus, sauf le 1er mai.
Les dimanches en famille : 13, 20, 27 avril ; 11, 25 mai ; 8,15, 29 juin.
“L’oeil sur l’échelle. Edouard Sautai“, galerie des enfants, forum, niveau 0; Centre Pompidou, 75004 Paris. Tél. : 01 44 78 12 33. Du 20 février au 30 juin. Voir www.centrepompidou.fr
Né en 1947, il fait ses études ) l’école d’architecture d’intérieure Penninghen qu’il complète par une formation aux métiers d’art.
Son registre créatif s’étend très vite, s’inspirant d’univers très différents, du minimalisme zen à la surcharge néogothique, de l’exotisme du retour d’Egypte à la folie Napoléon III.
Parmi ses créations : Le Fouquet’s, Ladurée, Chez Francis, Le First, l’Hôtel Costes, L’Hôtel des Beaux-Arts, Le Majestic à Cannes, L’Hermitage à La Baule….
Qui est John Armleder ?
John est né en 1948 à Genève où il vit et travaille toujours.
Après des études à l’école des Beaux-Arts, il crée la galerie ECART en activité jusqu’en 1983.De nombreuses exposition monographiques lui ont été consacrées dans le monde.
La figure d’artiste qu’incarne Armleder ressemble à celle d’un désinvolte, d’un ingénieur des approximations, d’un génie indécis ! Ainsi, les peintures font tapisseries, les meubles se combinent aux tableaux et le kitsch se révèle sophistication !!!
Que vois-tu à l’exposition ?
Audace ! Audace ! John Armleder et Jacques Garcia se sont associés pour crée un évènement spécifique conçu pour le Centre culturel Suisse. Garcia conçoit ainsi pour l’artiste un véritable appartement néo-bourgeois ! Où sont les limites de l’un est de l’autre ? Devine !!!
« John Armleder : Jacques Garcia », Centre Culturel Suisse, 32 et 38, rue des Francs-Bourgeois, 75003 Paris. Voir www.ccsparis.com. Du 18 mai au 28septembre. Fermeture dété du 4/08 au 2/09.