L’exposition présente des photos d’Anne et Patrick Poirier. D’incroyables insectes… Mais il y a surtout une installation intitulée “La Fabrique de la Mémoire”. Presqu’un miracle. Un vision. La pureté à l’infini. Un bain dans un lieu “hors de tout lieu” selon Michel Foucault. En y regardant de plus près, il s’agit d’un pavillon entièrement bâti de miroirs où sont inscris les “mécanismes” de la mémoire. Dans cet sorte de temple en miroirs, il ne reste plus qu’à se laisser aller au souvenir où à se projetter dans l’avenir.
Une exposition évènement qui regroupe les splendides photographies de Robert Mapplethorpe et les premiers dessins d’Antony Gormley. La beauté des corps du photographe, le noir et blanc, ses images quasi iconiques, croisent la finesse de l’œuvre graphique de Gormley qui dépose des traces de corps sur des papiers qu’il fabrique parfois lui-même avec des chiffons, de la paille ou ce qu’il trouve sous la main ! « Les substances que j’utilise pour dessiner ne doivent pas aller de soi… Le noir de la fumée, la noir animal, la caséine, l’huile de lin, le lait, le sperme, le sang,… ont tous des propriétés différentes, provenant du corps ou de la terre, d’un organisme végétal ou animal. Leur réactivation ne les rend pas anodines ». Deux expositions superbes où le corps prend toute son importance et où le photographe comme le peintre en sont passionnés.
“Robert Mapplethorpe et Antony Gormley”, Galerie Thaddaeus Ropac, 7, rue Debelleyme, 75003 Paris. Tél. : 01 42 72 99 00. Du 7 mai au 7 juin.
Lisa Lyon, 1982, Robert Mapplethorpe Foundation, Used by permission
Film sur l’exposition de Rebecca Horn à la galerie Lelong réalisé lors du vernissage de l’exposition avec Daniel Lelong, Jacques Dupin et Jean Frémon, directeurs de la galeries. Et parmi les invités Rebecca Horn et d’autres artites phares de la scène française et internationnale dont Anne Messager, Christian Boltanski, Ernest Pignon-Ernest, Pierre Alechinski…
Souvenir d’une exposition de Rebecca Horn au Carré D’art de Nîmes.
Tout commence à partir d’une petite roue de plumes. Parce que Rebecca Horn reste fascinée par les animaux fabuleux. Parce qu’aussi attentive à l’architecture du Carré d’Art de Nîmes, ouvert sur le ciel, elle a imaginé un oiseau entrer dans les salles. Et il n’y a plus qu’à le suivre. Pénétrer cette exposition si cohérente et magnifique où toutes ses recherches, tous ses mythes, toutes ses hantises se retrouvent et s’accordent, de salle en salle, à l’instar des chapitres d’une fiction.
L’art comme exorcisme
Car ici, plane sans cesse l’ombre de cette jeune étudiante aux Beaux-Arts de Hambourg, qui, travaillant le polyester, fut victime, à vingt-quatre ans, d’une infection pulmonaire. Passent les si longs mois au sanatorium, où Rebecca Horn saisit son art comme une tentative de fuite. De vie. Où son héros, Buster Keaton devient le salvateur, le guide vers la liberté. Et cela n’a pas cessé. Et cela ne cessera plus. On pense bien sûr à Frida Khalo qui peignait sa douleur et son corps broyé. Mais Rebecca Horn exhausse sa souffrance personnelle pour atteindre l’universel. Elle part de son corps et de l’espace de son corps pour toujours mieux comprendre et palper l’existence humaine. Pour ouvrir les frontières. Faire exploser la conscience. L’inconscience. Lacher prise. Célèbre pour ses vidéos et ses performances des années soixante dix où l’artiste allemande invente des peintures et des sculptures corporelles, puis des films de fiction, c’est à partir des années 80, qu’elle se concentre sur des mises en scènes de machines mécaniques et autonomes qui la consacrent définitivement comme sculpteur.
Naissance des installations
Mais le désir et la violence restent les mêmes. De ses harnais de crayons, de ses masques de plumes, de ses tubes à faire circuler le sang aux installations de ses dix dernières années, c’est toujours le même enchantement artistique qui doit happer, surprendre, désorienter, questionner, aider. En stimulant tous les sens. Et c’est cela qui nous envahit dans l’exposition de Nîmes, qui nous prend, nous soulève, nous fait peur, nous ensorcelle encore ou nous ravit. Nous emporte donc. Loin. Dans les contrées mythiques d’Eros et de Thanatos d’où un baiser de serpents jaillit un rayonnement électrique. Dans des espaces mystérieux et silencieux, où tout à coup, un violon accroché très haut dans la salle grince et soupire. Plus loin, sur un mur, un immense dripping à la Pollock réalisé par une machine, une fois l’oeuvre terminée, répète son geste. Indéfiniment. A vide. Ailleurs encore, une immense tige métallique comme un doigt pointé sur les maux et les génocides du monde dessine une spirale invisible dans l’espace. Aux côtés de ces tortures de l’esprit, comme souvent, la légèreté. L’incroyable légèreté d’un papillon battant des ailes. Mais si Rebecca Horn défie à l’infinie le geste du peintre, elle perpétue à l’infinie également le geste d’écriture. Frontières. Frôlement des frontières. Car l’artiste jongle avec les mots, écrit des textes, des poèmes, invente des titres fabuleux et un vocabulaire de symboles similaire à celui de la psychanalyse ou des différentes religions. Syncrétisme donc, chez cette passionnée de bouddhisme, qui utilise à la fois l’ordre plastique, littéraire et poétique et ose ainsi porter toujours plus loin l’héritage du surréalisme. Comme disait Henri Michaux à propos de l’oeuvre de Paul Klee “Pour entrer dans ses tableaux… Il suffit d’être l’élu, d’avoir gardé soi-même la conscience de vivre dans un monde d’énigmes, auquel c’est en énigmes aussi qu’il convient le mieux de répondre”.
C’était lors de l’exposition “Rebecca Horn”, Carré d’Art - Musée d’art contemporain de Nîmes, Place de la Maison Carré, 30031 Nîmes en 2000.
Les vibrations, les murmures et les étincellements de l’oeuvre de Rebecca Horn se poursuivent dans sa peinture et ses dernières sculptures créees pour l’exposition dans sa nouvelle galerie, la galerie Lelong. Ici, l’artiste nourrie de poésie et de philosophie a pris pour titre en filigrane le célèbre livre d’André Breton, “L”Amour cosmique-fou du faucon rouge”. Ses peintures apparaissent comme des jets d’encre et de sang.
Exposition “Rebecca Horn”, galerie Lelong, 13, rue de Téhéran, 75008. Paris. Tél. : 01 45 63 13 19. Du 14/03 au 10/05.
Caroline Lacoste ( fondatrice de Artparis), Henri Jobbé-Duval ( directeur artistique de Artparis), Jean-Paul Bath ( Art Actuel), Renaud Bergonzo (galerie Acte2), Jean-Gabriel Mitterand (galerie JGM), Daniel Templon (Galeriste) , Françoise Paviot (galeriste), Claire Chevrier, Orlan, Ilona Orel (galerie Orel Art), Renaud Bergonzo (galerie Acte2),artiste de la galerie Strouck signant le livre d’or, Philippe Perrin, Brice Fauché (galerie Sollertis), Damien Aspe, Jean-Marc Benamou (galeriste), Mary Sue, Jacqueline Moussion (galerie Rabouan Moussion), Susanne van Hagen, Dominique Chenivesse (galerie Gilles Peyroulet), Louis Tonitelli, Pierrick Sorin, Odile Aittouares Inzerillo (Galerie Berthet-Aittouares), un artiste de sa galerie signant le livre d’or, Kimiko Yoshida, Brahim Alaoui (commissaire de l’exposition consacrée au monde arabe), Fouad Bellamine, un artiste du monde arabe signant le livre d’or, Karima al shomaly, Faisal Samra , Samir Sabet D’Acre, Bernard Ceysson (galeriste), Nathalie Obadia (Galeriste), Xin Dong Cheng (galeriste), Bernard Vidal (galeriste), Anahita Ghabaian Etehadieh (galerie Silk Road).
Réaliser le projet VIDEOBOXpendant la foire Artparis08 a été aussi passionnant qu’éreintant ! Ce fut une expérience formidable. Les rencontres multiplièrent les échanges, les contacts, les liens dans un enthousiasme communicatif. Artistes, galeristes, collectionneurs, commissaires d’exposition se sont tous pliés au jeu de la question unique « qu’est ce qui vous a ouvert les yeux à l’art ? »Et tous ont été au-delà de nos espérances en nous donnant les « perles » de leur enfance qui les ont fait être les personnalités d’aujourd’hui et dont nous connaissons l’accomplissement. A chaque personnalité son histoire. A chaque personnalité son miracle, ce fameux « déclic à l’art ».Une soixantaine d’acteurs de l’art contemporain acceptèrent d’être interviewés.Ils participèrentà notre projet comme vous pouvez déjà en voir un extrait dans le diaporama ci-dessus ! Et encore, si la foire ne s’était pas arrêtée nous y serions encore !La bonne humeur et le professionnalisme des uns et des autres nous ont encouragé dans notre production. Et tous les éléments étaient présents pour concocter un cocktail fascinant !
INFO INFO INFO INFO !!!!!
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Anne Kerner et Christine Barbe vous informent de leur présence à Artparis08 avec une réalisation en partenariat avec Artparis08.Nous accueillons des acteurs d’Arparis: galeriste, artiste, critique d’art, collectionneur, éditeur d’art, commissaire d’exposition… à l’espace VIP Feuillatte qui nous reçoit pour cette production.
Le principe de ce projet: réalisation d’un film d’interviews de personnalités de l’art contemporain présentes à Artparis. Ces entretiens seront réunis dans un DVD.
Ce film servira d’outil de communication à Artparis et pourra être commandé auprès de «OUVRETESYEUX ».
Ils seront interviewés et filmésen répondant à la question : « Qu’est ce qui vous a ouvert les yeux à l’art? » .En référence aux souvenirs de l’enfance qui a déclenché leur vocation pour les arts. Temps de l’entretien : 5 à 10 mn.Nos horaires de tournage - le 2 avril de 14h à 17h et les autres jours de la foire de 11h à 13h
VIDEOBOXest une production dehttp://www.ouvretesyeux.fr/Le site d’Anne Kernerdédié à l’art d’aujourd’huien textes images et vidéos
Valérie Belin est une artiste rare. Aussi discrète que méticuleuse. Acharnée. En une petite quinzaine d’année, elle est devenue l’une des plus grandes photographes françaises reconnue dans le monde entier. Ici rien de superflu. Rien de bâclé. Au contraire. Valérie Belin apparaît d’une rigueur absolue. Car la photographe ne raconte pas, et ne désire surtout pas raconter. Elle offre des images prises à la chambre noire. Travaillées. Retravaillées. Sans relâche. Car cette jusqu’auboutiste joue du corps comme d’un objet et des objets comme d’un corps. La jeune femme qui découvrit sa vocation aux Beaux-arts de Paris considère son œuvre comme « une tentative obsessionnelle d’appropriation du réel où le « corps », au sens large du terme, jouerait un rôle déterminant ».
C’est sûrement pour cette raison que toutes ses séries s’imbriquent l’une dans l’autre. N’ont de sens que l’une par l’autre. Suite continuelle d’une œuvre en constant questionnement qui cherche « à rendre des moteurs de voitures comme des organes humains métalliques et inversement avec ses « Bodybuilders». Partout, Valérie Belin poursuit sa quête sur la profondeur du champ et de la lumière, l’emprunte de la lumière. Son but ? Aplatir le sujet, rester dans le plan, la surface. Au Maximum. Et ça recommence merveilleusement dans sa série des « Mariées marocaines ». Ici ça bouscule et ça dérange. Parce qu’au Maroc où elle se rend, elle se confronte aux problèmes liés à l’image mais aussi aux jeunes femmes qui aux robes traditionnelles préfèrent les robes occidentales légères. « L’une des photographies les plus fortes a été réalisée à Fez. Les autres images ont été faites en France où la communauté marocaine est plus attachée à la tradition et n’a plus ce problème lié à l’image ». Là encore, nous sommes dans le plan, face à des robes lourdes, chargées, qui annulent totalement le volume du corps. Puis ce sont ses séries de visages qui retiennent le plus. Des visages différents. Des visages comme des sculptures. Sans expression. Sans individualité. Artificiels. Absents. « Car tous les plans sont nets, du premier au dernier », explique Valérie Belin. Des visages comme ceux des poupées aussi. Ceux « de jeunes filles métisses aux cheveux synthétiques, portant des lentilles de couleurs et très recherchées dans leurs vêtements » qu’elle choisit lors de casting « sauvages » à la sortie du métro. « Lorsque je vois un visage, je court derrière cette personne… » !Sans nul doute, Valérie Belin cherche à dévoiler l’ambiguë apparence des êtres et des choses. Leur même fondement. Le lien entre « l’œil et l’esprit » dont parle Merleau-Ponty. Une œuvre existentielle et sublime dont le regard a du mal à se détacher.
« Valérie Belin. Photographies 1996-2006 ». Maison européenne de la photographie5/7, rue de Fourcy, 75004 Paris. Tél. : 01 44 78 75 00. Voir www.mep-fr.org. Du 9 avril au 8 juin.
Dans le tout nouveau lieu de création et d’expérimentation au cœur de Paris, La Laboratoire dirigé par David Edward, a invité le designer Mathieu Lehanneur. Le fruit de leur recherche s’intitule « Bel-Air » : il s’agit d’un objet filtrant les gaz toxiques de nos intérieursoù l’air est successivement nettoyé par les feuilles, l’eau et les racines.
Artparis non seulement fête ses dix ans mais aussi ses débuts en Orient avec en novembre 2007 l’inauguration Artparis-Abudhabi et en 2009, Artparis-Shenzhen. Un Salon d’art moderne et contemporain à l’évolution remarquable.
Artparis fête ses dix ans ! Et dans la corbeille d’anniversaire sont nées les ouvertures vers le golfe Persique à Abu Dhabi l’an passé et vers la Chine à Chen Zhen pour l’an prochain. Le drapeau de ce « salon des passionnées » comme aime à l’appeler le directeur artistique Henri Jobbé-Duval s’exporte donc avec succès vers les nouveaux pays émergents. Avec la culture française comme étendard !
Mais tout d’abord, début avril, Artparis ouvre donc à nouveau ses portes sur 5000m2 sous la superbe verrière du Grand-palais. Fort des résultats de l’an passé. Avec plus de 40 000 visiteurs. Avec des prix encore jamais atteints au Salon comme une œuvre de Tom Wesselman vendue 800 000 euros ou celle de Keith Haring à 650 000 euros, des galeries exceptionnelles et des présentations superbes commede nombreuses ventes dans les stands contemporains. Le Salon redéploie donc ses très beaux espaces. Et aujourd’hui le visiteur comme l’acheteur y trouve art moderne et contemporain, des sculptures, des peintures, de la photographie, des vidéos, des installations… « Cette année nous aurons une allée totalement consacrée à la photographie et la sculpture sera toujours présente, cette fois sous l’angle de la pièce unique, explique Henri Jobbé-Duval. Le but est de garder une grande place pour les galeries françaises et les galeries de province que l’on encourage toujours». Pas plus donc de 40% de galeries étrangères, mais un espace qui confirme l’ouverture vers les pays arabes conçu par l’historien d’art Brahim Alaoui , intitulé « Traversée ». Ainsi, sur 450m2, le visiteur admirera une vingtaine d’artistes exposés dont les déjà célèbres Kader Attia, Gada Amer, Mouna Hatoum ou Djamal Tatah.
Les liens avec les émirats furent ainsi conduits avec succès par Caroline Clought-Lacoste fondatrice d’Artparis. « Caroline et ses assistantes ont fait un travail remarquable de logistique… les traductions en arabe, le protocole assez stricte… mais tout cela s’est passé dans un enthousiasme général. Les plus de 9000 visiteurs venaient des émirats comme de Dubaï qui abrite beaucoup d’expatriés. Ils n’avaient encore jamais vu une telle manifestation dans le golfe Persique !Une telle approche, non muséale mais tournée vers la recherche, la discussion, l’acquisition, un art d’aussi haut niveau dans une aussi grande proximité », ne tarit pas Henri Jobbé-Duval.Les galeries moyen-orientales ont reçu un accueil enthousiaste et également très bien travaillé notamment avec leurs artistes et leurs acheteurs. « Ils étaient très heureux de cet échange avec la création internationale car ils apparaissent exclus de cette confrontation. C’était une première reconnaissance », poursuit-il. Les plus gros achats ont été réalisés sur des œuvres classiques, Miro, Picasso, Klein, Fontana mais les plus jeunes générations comme George Rousse ou Jürgen Nefzger ont su séduire les acheteurs.Comme les chefs d’entreprises, émirs, institutions et ministères qui tenaient à commencer à créer une collection et à soutenir le travail des galeries présentes. « Ils avaient pris l’engagement de soutenir le marché et ils l’ont tenus ! Pour la prochaine édition, l’idée reste de garder un tiers de galeries locales, un tiers de galeries françaises et un tiers de galeries internationales. Nous donnons une vraie valeur artistique et culturelle à la marque « Artparis » et désormais nous l’exportons », conclut Henri Jobbé-Duval, heureux de développer de nouveaux marchés, un pied dans les émirats et un autre bientôt en Chine. Un pari réussi entre Orient et Occident.
Artparis, Grand-Palais, entrée avenue Winston Churchill, 75008 Paris. Renseignements www.artparis.fr. Du 3 au 7 avril.
« Ce n’est pas l’art qui imite la vie mais la vie qui imite l’art », disait Oscar Wilde. Avec toute son histoire, avec son enfance, sa maternité, son couple, son corps, sa maison, oui, avec toute son histoire et toute sa vie, Louise Bourgeois a construit son œuvre. Une œuvre extrêmement intime. Extrêmement féminine. Et elle l’avoue elle-même : « Tout mon travail des cinquante dernières années, tous les sujets, trouvent leur source dans mon enfance ».
Une enfance belle et perturbée à la fois. A Choisy-le-Roi. Dans une grande maison blanche. Mais la nurse anglaise est aussi la maîtresse de son père. Elle portera ce fardeau longtemps. Trop longtemps peut-être. Mais « il faut abandonner le passé tous les jours ou bien l’accepter. Et s’y on n’y arrive pas, on devient sculpteur », avoue t-elle. « Epreuves, exorcismes » comme le dit si bien un titre du poète Henri Michaux. Et de ses blessures née une très grande œuvre. Immense. Colossale. Et surtout précurseur.
Car lorsque dans les années soixante les artistes formels se consacrent aux droites et aux angles, Louise Bourgeois s’adonne aux formes molles et organiques. Joue aussi du plâtre et du latex. Mais dans ce pays puritain qui l’accueille depuis la fin des années trente, il lui faudra une quarantaine d’années pour être enfin consacrée grâce à une rétrospective au MoMa de New York en 1983. Une exposition qui a les allures d’un début. Enfin. Désormais Louise Bourgeois se lâche. Et naissent ses immenses araignées appelées « Maman » dont on voit deux de ses représentantes pour la première fois en France à Beaubourg et aux Tuileries. Prolifèrent ses « Cellules », des espaces clos qui parlent d’elle, toujours d’elle. Et par la même des autres. Du monde. De soi. De « L’un et du multiple » dirait le philosophe René Guénon. Et partout le trouble, l’émotion, le frisson.
Car ici, plus de 200 œuvres ne parlent que de sexe. Rondeurs des seins et des ventres, multiplication des phallus et par-dessus tout, la célèbre œuvre crée peu après le décès de son mari, la « Destruction du père », sorte de grotte rouge, incandescente où gisent des morceaux de corps. Dans ses travaux récents, la vieille dame de 96 ans semble s’adoucir, non s’assagir, avec de superbes dessins et des sculptures en tissus. « Il s’agit du parcours complet d’une œuvre qui transporte dans un univers dont on ne sort pas indemne », conclut le directeur du Centre Pompidou, Alfred Pacquement. L’art, toujours, pour survivre.
“Louise Bourgeois, Centre George Pompidou”. Tél. : 01 44 78 12 33. www.centrepompidou.com. Jusqu’au 2 juin. A lire, le catalogue de l’exposition « Louise Bourgeois », sous la direction de Marie-Laure Bernadac et Jonas Storsve, 39 ,90 euros.
Autorisation de filmer et de prendre des photos par le service de presse du Centre Pompidou lors du vernissage presse.
Pour tous les visuels, mention ADAGP. (Vous pouvez lire ce texte dans le n°46 du magazine Edgar)
Où emmener ses enfants ? Dans la drôle d’exposition du plasticien Edouard Sautai !
Que fait Edouard Sautai ?
Il s’amuse avec le monde réel et le monde irréel et adore les objets en modèles réduits. Il joue avec les notions d’échelle, déjoue la perspective ! Et voilà, tout devient confus !
Que vois-tu à l’exposition ?
Dans l’envers d’un décor de plateau de cinéma réalisé avec des matériaux bruts, plein de photographies d’installations. Des constructions qui tiennent à peine debout, des abris de fortune, des matériaux trouvés aussi bien à la ville qu’à la campagne. Et par les jeux de l’illusion, tu crois que la maquette s’intègre au paysage environnant ! Pour les vidéos, même combat : Sautai décale, l’enfance et l’âge adulte, la réalité et la fiction, de ces objets réduits qui tout à coup prennent une autre dimension !
Le « plus » de l’exposition ?
Edouard Sautai a imaginé deux grands dispositifs qui permettent aux visiteurs, petits et grands de se familiariser avec la notion d’échelle de manière ludique grâce au « Perspectoscope panoramique » et le « Perdimètre à échelle » ! Venez vite découvrir ce que cet « atelier » vous concocte.
Les animations : Tél. : 01 44 78 12 33.
Pendant les vacances, de 14h30 à 16h30
Du lundi au samedi (sauf le mardi), tous les jours : 10 euros.
Dimanches en famille : 10 euros pour un enfant et un adulte.
Puis en avril, du samedi 19 avril au 2 mai inclus, sauf le 1er mai.
Les dimanches en famille : 13, 20, 27 avril ; 11, 25 mai ; 8,15, 29 juin.
“L’oeil sur l’échelle. Edouard Sautai“, galerie des enfants, forum, niveau 0; Centre Pompidou, 75004 Paris. Tél. : 01 44 78 12 33. Du 20 février au 30 juin. Voir www.centrepompidou.fr
Né en 1947, il fait ses études ) l’école d’architecture d’intérieure Penninghen qu’il complète par une formation aux métiers d’art.
Son registre créatif s’étend très vite, s’inspirant d’univers très différents, du minimalisme zen à la surcharge néogothique, de l’exotisme du retour d’Egypte à la folie Napoléon III.
Parmi ses créations : Le Fouquet’s, Ladurée, Chez Francis, Le First, l’Hôtel Costes, L’Hôtel des Beaux-Arts, Le Majestic à Cannes, L’Hermitage à La Baule….
Qui est John Armleder ?
John est né en 1948 à Genève où il vit et travaille toujours.
Après des études à l’école des Beaux-Arts, il crée la galerie ECART en activité jusqu’en 1983.De nombreuses exposition monographiques lui ont été consacrées dans le monde.
La figure d’artiste qu’incarne Armleder ressemble à celle d’un désinvolte, d’un ingénieur des approximations, d’un génie indécis ! Ainsi, les peintures font tapisseries, les meubles se combinent aux tableaux et le kitsch se révèle sophistication !!!
Que vois-tu à l’exposition ?
Audace ! Audace ! John Armleder et Jacques Garcia se sont associés pour crée un évènement spécifique conçu pour le Centre culturel Suisse. Garcia conçoit ainsi pour l’artiste un véritable appartement néo-bourgeois ! Où sont les limites de l’un est de l’autre ? Devine !!!
« John Armleder : Jacques Garcia », Centre Culturel Suisse, 32 et 38, rue des Francs-Bourgeois, 75003 Paris. Voir www.ccsparis.com. Du 18 mai au 28septembre. Fermeture dété du 4/08 au 2/09.