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Diaporama et conférence de presse de Jeff Koons lors du vernisage de l’exposition. Par Christine Barbe.

A seulement 57 ans, le plus cher des artistes du monde ne rêvait plus que de se mettre un petit peu à la place du roi soleil. C’est chose faite. Et malgré toutes les polémiques faites sur ce coup de force, il faut reconnaître l’évènement. Ses oeuvres ont fait le tour du monde. Comme son célèbre lapin gonflable. Ici tous les matériaux sont utilisés, tous les sujets sont abordés. Et il se baigne dans le flux d’images de l’enfance. Si certaines confrontations ne sont pas trop réussies, il est tout de même étonnant et heureux que ses oeuvres comme “Moon” dans la Galerie des glaces, la “Pink Panther” dans le Salon de la Paix… donnent une dimension nouvelle aux salles et aux grands appartements si prestigieux. C’est un flirt sans conteste entre le kitch et le classique avec une oeuvre contemporaine baroquissime qui investit aussi bien l’interieur que l’extérieur du château. Qu’en pensez-vous ?

“Jeff Koons à Versailles”. Voir www.jeffkoonsversailles.com. Du 10 décembre au 14 décembre.

Il n’a que 28 ans et pourtant. Sa peinture déjà interpelle. Fortement. Justement. David Lefebvre s’abreuve d’abord d’images qu’il trouve aussi bien dans des magazines, sur l’écran de télévision ou celui d’internet. Il se nourrit de cette matière première et commence à sortir les personnages de leur contexte. Naissent des portraits de la vie quotidienne. Des scènes de genre. Mais il aimerait que ses peintures les rendent anonymes. Quelconques. Il supprime les sentiments, les affects, les codes. Il ne laisse émerger qu’une image réelle. Sans complaisance. Et c’est peut-être cela qui fait sa force. Qui donne à sa peinture cette sorte d’énigme « auquel c’est en énigme qu’il faut répondre », disait Henri Michaux.

 

« David Lefebvre », Galerie Zürcher, 56, rue Chapon, 75004 Paris. Jusqu’au 6 octobre.

Légendes : vues de l’accrochage de la galerie; “Barque”, 2008; vues de l’accrochage; “sans titre”, 2008, vues de la galerie, “Sans titre, 2008″; “In the kitchen”, 2008) (photos de l’auteur)

Une interview à Artparis08 et…

Autour d’un café 

 

Un café, tout à côté de sa galerie, rue Vieille du Temple, à l’ombre des jardins du musée Picasso. Pierrick Sorin commande un pastis et s’assoit. Juste avant de reprendre son train pour Nantes où il vit et travaille. Aller-retour sur Paris. Pour rajouter deux nouvelles pièces à son exposition. C’est l’heure du déjeuner. Le café bat son plein. “A Paris, j’ai du mal à m’habituer à ce qu’il y ait des gens partout.  En tant que fils unique, j’ai été habitué au calme… c’est pour cela que je travaille dans un ancien entrepôt de produits pharmaceutiques, très spartiate au quatrième étage sans ascenseur », précise t-il. L’artiste que se disputent les musées et les institutions de toutes sortes et dont l’emploi du temps est rempli jusqu’en juin 2001 baille de fatigue. Et s’excuse : “Je n’ai pas encore  mangé”. Guère dormi non plus, apparemment. On ne sait d’ailleurs pas trop s’il faut croire à sa timidité pleine de charme, si touchante. A son sérieux. Son angoisse. A son regard et sa silhouette un peu beau ténébreux…

 

Ses oeuvres

 

Car dans ses oeuvres, le vidéaste prestigitateur se donne une réputation sulfureuse et exhibitionniste pleine d’humour et d’auto-dérision comme la « figure fragile tout à la fois bouffonne qui s’acharne parfois aux pires bêtises, souvent sadiques », écrit Elisabeth Milon.  Docteur Jekill et Mister Hide ? En tous cas, son image virtuelle miniaturisée n’en fait, en effet, qu’à sa tête ! Son  “Mini Sorin” holographique court en slip et chaussettes sur un vieux tourne disque quant il ne dévoile nu avec l’aide d’un traversin les 147 positions du kamasutra ! Une autre fois, dans la maquette d’une chambre à coucher, l’artiste solitaire écoute, épuisé, son répondeur. Depuis ses “Réveils” en 1988, où il se filmait tous les matins promettant de se coucher tôt, à son oeuvre monumentale pour Carcassonne et son projet pour une galerie marchande de Pau où il surprendra les acheteurs au détours des rayons, en passant par Beaubourg,  l’artiste d’à peine quarante ans joue sans cesse sur le fil du rasoir. Entre l’invraisemblable et le crédible. Entre la monstruosité et l’humanité. Entre le pathétique et le loufoque. Entre cynisme et nostalgie. “Il faut avant tout que le spectateur soit pris à partie, soit par la modification de ses repères, soit par différentes formes d’agressivité. Car l’agressivité a des côtés salvateurs”, explique t-il. Ainsi nourri par les bandes dessinées, les “Charlots” et autres” Laurel et Hardy” ou Buster Keaton  de son enfance, le vidéaste jongle avec notre quotidien dans sa multiplication  d’auto-mises en scènes. Las de son images ? “Il semble que je peut passer ma vie à faire ce travail sans que cela soit répétitif. Je me demande ce qui se passera lorsque j’aurai 75 ans et que je me mettrai devant la caméra. Ce sera peut-être complètement ridicule !” dit-il en riant. Intéressé par les longs métrages ? “Je suis plutôt du côté des peintres et des écrivains au niveau de l’attitude de travail qu’au niveau des cinéastes. C’est d’ailleurs pour cela que je me filme moi-même. Ce n’est pas un besoin ni un plaisir… parce qu’une fois la conception et le montage vidéo au point, au moment du tournage,  j’arrive sur les genoux !”.

 

Un déstabilisateur du réel

 

Pour déstabiliser le réel, Sorin joue de toutes les stratégies, de toutes les pitreries, de tous les subterfuges. Dans ses saynètes, il déforme son visage, se déguise, se ridiculise, fait l’idiot, parle, avoue, se confie, s’interroge, se critique, modifie sa voix, se regarde ou vous regarde. Droit dans les yeux.  Il devient tantôt grossier ou timide, roublard ou crétin, quant il ne s’invente un frère ou met en scène père et mère ! Ici ca grince et ca dérange. Ici la vidéo se métamorphose en boîte magique où la réalité glisse, dérape, perturbe et trouble. Le spectateur se perd. Ne sait plus. Ne sait vraiment plus. Où est le vrai du faux, le dedans du dehors. Il sait seulement qu’il aime ça. Il aime regarder les petites histoires miraculeuses et pourtant sans complaisances de l’artiste vidéaste.  Tout simplement, parce qu’en se regardant lui-même, celui-ci questionne l’autre. Son pastis fini, Pierrick Sorin s’en va. Direction Nantes. Restent ses oeuvres. Magiques.    

 

Photos tirées du site de Pierrick Sorin avec son accord (“j’aime bien être recopié…”)

“Pierrik Sorin”, Centre des Arts d’Enghien. Du 17 avril au 29 juin.

Voir www.pierricksorin.com

 

Patti “in live” à la Fondation Cartier le 27 mars !

Salon de cuir comme chez elle dit-elle, pour rentrer encore plus dans l’intime. Son intimité. Et tout autour des photos prises par son fameux Land 250 qui ne la quitte jamais. Comme son look. Inébranlable. Egérie. Figure emblématique en jean chemise blanche et gilet d’homme.  Elle bouge dans tous les sens. Ne s’assoit jamais. Laisse ses cheveux lui cacher le visage. On la croyait chanteuse ! Et elle est bien plus ! Cette fille de Chicago, passionnée par Rimbaud et la culture française, s’installe en 1969 au Chelsea Hotel avec le non moins célèbre photographe Robert Mapplethorpe, son amour de jeunesse. Elle s’abreuve alors de poésie et de rock’n’ roll. Presque tout le monde connaît ou devrait connaître son album « Horses » qui reçu le grand prix du disque en 1975. Elle devient alors l’éffigie féminine de la scène rock. 1977 est une mauvaise année. Avec un grave accident de voiture. Patti se plonge dans l’écriture et le dessin. Deux ans plus tard le bonheur revient avec son mariage avec le musicien Fred Sonic Smith. A sa mort en 1995, l’artiste reprend l’appareil photo qui lui procure un « sentiment de libération ». Ses sujets ? Des choses et des êtres chers à son cœur. Les pantoufles de Mapplethorpe, le lit de Virginia Wolf ou les couverts d’Arthur Rimbaud.

Et tout à côté, des dessins frôlent ses travaux photographiques. Comme un murmure. Un chant doux et mélodieux. Fins, raffinés, calligraphiques. Décidemment, on se laisse aller sur sa voix vibrante qui ne cesse de nous envahir pendant la visite de cette oeuvre foisonnante et intense, en regardant une vie remplie de trésor et réalisant des trésors. Pour transmettre de toutes part et sous toutes ses formes sa passion des mots.

Ne ratez pas les soirées nomades avec Patti en personne !

« Patti Smith, Land 250 », Fondation Cartier, 261, boulevard Raspail 75014 Paris. Tél. : 01 42 18 56 50. Du 28/03 au 22/06. Voir www.fondation.cartier.comCourtesy Patti Smith.

A voir : “Patti Smith : Dream of life”, de Steven Sebring (2008). sur Arte le 25 mars à 23 heures : un portrait intime de Patti Smith. Magique !

A lire : catalogue “Land 250″, édition Fondation Cartier, 300 pages, 40 euros. Edition limité signée, 200 euros.

Signature de son livre à la Fondation Cartier le 8 avril de 18h30 à 20h30. 

Ateliers pour les jeunes

mercredi  9 avril, samedi 7 juin, de 15h à 16h30, à partir de 8 ans  : atelier de loisir créatif; la costumière de théâtre et de cinéma Laurence Benoît invite les enfants à participer à un atelier de création manuelle autour des expositions “Patti Smith” et “Andra Branzi”.

samedi 19 avril et 3 mai de 15h à 16h, à partir de 7 ans : visite des expositions “Andrea Branzi” et “Patti Smith”; les jeunes visiuteurs découvrent leurs oeuvres accompagnés par un animateur de la Fondation Cartier.

mercredi 23 avril et le 21 mai de 15h à 17h, à partir de 7 ans : Rock et animaux; les deux musiciens du groupe Le Club des Chats proposent aux enfants de créer un disque sur le thème des animaux : avec Guillaume ils composent et enregistrent une chanson; avec Maya ils fabriquent la pochette du disque. Une fois finalisé, le disque leur est envoyé à l’issue de l’atelier.

Mercredi 30 avril et 28 mai de 15h à 16h30, à partir de 8 ans : portrait chinois; Guidés par la jeunes artiste Félicia Atkinson, les enfants jouent au portrait chinois. Dessins sur papier calque, enregistrement de poèmes sur dictaphone, photos polaroïds composent un portrait de l’enfant, réalisé à l’aide des techniques utilisées par Patti Smith et Andrea Branzi. Chacun emporta ses compositions dans une grande enveloppe décorée.

samedi 31 ami et mercredi 11 juin, de 15h à 15h45, à partir de 6 ans : les vies imaginaires de Patti Smith et Andrea Branzi; avec les enfants, la comédienne Fany Mary parcours les expositions et à partir des oeuvres exposées, invente avec eux la vie de personnages imaginaires.

Renseignement et inscription : 01 42 18 56 67 87

 

Il a 53 ans et est célèbre dans le monde entier. Le plasticien allemand Andreas Gursky, connu pour ses images sur la société de consommation dévoile pour la première fois à Chaumont-sur-Loire une série sur le paysage. Une série magique. Magnifique. Sublime. Où le visiteur pénètre littéralement dans ces immenses photographies de plus de 5 mètres. Mais attention, dans cette nature vierge, quelque part, tout petit, minuscule, dans l’infini, l’homme reste présent.

 

 « Andreas Gursky », Domaine de Chaumont-sur-Loire, 41150 Chaumont-sur-Loire. Tél. 02 54 20 99 22. Jusqu’au 31 août. www.domaine-chaumont.fr