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Que vois-tu à l’exposition ?

« Ce n’est pas l’art qui imite la vie mais la vie qui imite l’art », disait Oscar Wilde. Avec toute son histoire, avec son enfance, sa maternité, son couple, son corps, sa maison, oui, avec toute son histoire et toute sa vie, Louise Bourgeois a construit son œuvre. Une œuvre extrêmement intime. Extrêmement féminine. Et elle l’avoue elle-même : « Tout mon travail des cinquante dernières années, tous les sujets, trouvent leur source dans mon enfance ».

Une enfance belle et perturbée à la fois. A Choisy-le-Roi. Dans une grande maison blanche. Mais la nurse anglaise est aussi la maîtresse de son père. Elle portera ce fardeau longtemps. Trop longtemps peut-être. Mais « il faut abandonner le passé tous les jours ou bien l’accepter. Et s’y on n’y arrive pas, on devient sculpteur », avoue t-elle. « Epreuves, exorcismes » comme le dit si bien un titre du poète Henri Michaux. Et de ses blessures née une très grande œuvre. Immense. Colossale. Et surtout précurseur.

Car lorsque dans les années soixante les artistes formels se consacrent aux droites et aux angles, Louise Bourgeois s’adonne aux formes molles et organiques. Joue aussi du plâtre et du latex. Mais dans ce pays puritain qui l’accueille depuis la fin des années trente, il lui faudra une quarantaine d’années pour être enfin consacrée grâce à une rétrospective au MoMa de New York en 1983. Une exposition qui a les allures d’un début. Enfin. Désormais Louise Bourgeois se lâche. Et naissent ses immenses araignées appelées « Maman » dont on voit deux de ses représentantes pour la première fois en France à Beaubourg et aux Tuileries. Prolifèrent ses « Cellules », des espaces clos qui parlent d’elle, toujours d’elle. Et par la même des autres. Du monde. De soi. De « L’un et du multiple » dirait le philosophe René Guénon. Et partout le trouble, l’émotion, le frisson.

Car ici, plus de 200 œuvres ne parlent que de sexe. Rondeurs des seins et des ventres, multiplication des phallus et par-dessus tout, la célèbre œuvre crée peu après le décès de son mari, la « Destruction du père », sorte de grotte rouge, incandescente où gisent des morceaux de corps. Dans ses travaux récents, la vieille dame de 96 ans semble s’adoucir, non s’assagir, avec de superbes dessins et des sculptures en tissus. « Il s’agit du parcours complet d’une œuvre qui transporte dans un univers dont on ne sort pas indemne », conclut le directeur du Centre Pompidou, Alfred Pacquement. L’art, toujours, pour survivre.

“Louise Bourgeois, Centre George Pompidou”. Tél. : 01 44 78 12 33. www.centrepompidou.com. Jusqu’au 2 juin. A lire, le catalogue de l’exposition « Louise Bourgeois », sous la direction de Marie-Laure Bernadac et Jonas Storsve, 39 ,90 euros.

Autorisation de filmer et de prendre des photos par le service de presse du Centre Pompidou lors du vernissage presse.

Pour tous les visuels, mention ADAGP. (Vous pouvez lire ce texte dans le n°46 du magazine Edgar)

Qui est Jacques Garcia ?

Né en 1947, il fait ses études ) l’école d’architecture d’intérieure Penninghen qu’il complète par une formation aux métiers d’art.

Son registre créatif s’étend très vite, s’inspirant d’univers très différents, du minimalisme zen à la surcharge néogothique, de l’exotisme du retour d’Egypte à la folie Napoléon III.

Parmi ses créations : Le Fouquet’s, Ladurée, Chez Francis, Le First, l’Hôtel Costes, L’Hôtel des Beaux-Arts, Le Majestic à Cannes, L’Hermitage à La Baule….

 

Qui est John Armleder ?

John est né en 1948 à Genève où il vit et travaille toujours.

Après des études à l’école des Beaux-Arts, il crée la galerie ECART en activité jusqu’en 1983.De nombreuses exposition monographiques lui ont été consacrées dans le monde.

La figure d’artiste qu’incarne Armleder ressemble à celle d’un désinvolte, d’un ingénieur des approximations, d’un génie indécis ! Ainsi, les peintures font tapisseries, les meubles se combinent aux tableaux et le kitsch se révèle sophistication !!!

 

Que vois-tu à l’exposition ?

Audace ! Audace ! John Armleder et Jacques Garcia se sont associés pour crée un évènement spécifique conçu pour le Centre culturel Suisse. Garcia conçoit ainsi pour l’artiste un véritable appartement néo-bourgeois ! Où sont les limites de l’un est de l’autre ? Devine !!!

 

« John Armleder : Jacques Garcia », Centre Culturel Suisse, 32 et 38, rue des Francs-Bourgeois, 75003 Paris. Voir www.ccsparis.com. Du 18 mai au 28septembre. Fermeture dété du 4/08 au 2/09.