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“Contes de la folie merveilleuse”, Placide Hôtel, 6, rue Saint-Placide, 75006 Paris. Du 16 au 25 octobre

 

Visite dans son atelier de la banlieue parisienne. En 2002.

 

Mieux qu’un nom sur une porte : l’insolite tas de terre rond piqué de salades posées juste à côté de la clôture. Blotti en bordure de la Seine, en banlieue parisienne, l’univers de Michel Blazy lui ressemble. Une maison et un atelier comme des cabanes d’enfants. Où l’on vit, l’on joue, l’on crée à l’infini. Avec un jardin. Pas très grand. Juste ce qu’il faut pour mener à bien des expériences botaniques en tout genre et surtout regarder. Regarder vivre son petit monde. Ses métabolismes et ses métamorphoses. « Les choses circulent entre l’atelier, le jardin, la maison », explique t-il de sa voix douce. Visite. Promenade plutôt. Balade au cœur d’une galaxie où tout est surprise et étonnement. Des émotions qui viennent de rien. De presque rien. De peu. Et en même temps de tout ce qu’offre la nature. Le quotidien de la nature. Car ici, nulle orchidée ou plante rare. Le précieux, le beau, le poétique, le fragile et le ravissement naissent de l’attente et de l’imprévisible.

« Je regarde comment les choses se passent sans moi, comment les formes se fabriquent d’elles-mêmes et en relation avec tout ce qui les entoure. Je n’ai pas une culture du jardin. J’essaie simplement de connaître la potentialité des choses pour intervenir de manière minimale…. Je me souviens d’une pomme de terre qui avait été creusée par une limace et cela faisait des tunnels incroyables ». Résultat : ces sublissimes photographies qu’il appelle si joliment ses « léguorites ». « C’est la contraction entre légumes et météorites », explique l’artiste. Ce sont des restes de ma cuisine, poursuit-il, s’accroupissant près d’une tomate sur un coin de terre. Certains matins, il y a un rayon de soleil bien placé…. Je prend une photo ». Images aussi merveilleuses que rares. « Je les considère comme un carnet de croquis. C’est toute cette observation qui fait la base de mon travail de sculpteur. Ce qui m’intéresse, c’est d’avoir avec la matière, la même expérience qu’avec les plantes. Quand je touche quelque chose, je n’ai pas vraiment d’idée, dit-il en caressant une drôle de sphère brune recouvertes d’écailles rose pâle qu’il a présenté à la dernière foire de Bâle. « C’est une boule de coton ficelée. Je passe trois couches de crème au chocolat, j’attends que ça sèche. Je prépare ensuite un mélange de tapioca et de jus de betterave, et je l’enduis ». Pour le Centre Pompidou, il avait fabriqué des œuvres en aluminium et un mur qui pèle. Pour la galerie Art:Concept, il envahissait l’espace d’une symphonie végétale de guirlandes de feuillages et de stalactites de purée de carottes. Pour le Centre d’art du Crestet, il avait inventé un « projet d’habitat agréable aux insectes ». Où les sensations se mélangent. Les sens se troublent. Entre l’optique, l’olfactif et le tactile. Lentement, Michel Blazy se dirige vers un coin du mur de l’atelier. Et dévoile ses essais. Ses recettes. Ses secrets. Moisissures et pelures soigneusement alignées. Des bleus d’azur. Des verts de mers profondes. Sur de petites étagères, d’autres expériences de farine de riz, de mixtures à base de brocolis… fabuleux microcosmes boursouflés et cloqués si fragiles que le moindre souffle peut briser.

L’ancien étudiant de la Villa Arson de Nice adore dénicher ses produits dans toutes sortes de grandes surfaces ? Hypersensible à la consommation ultrarapide de notre société moderne, Blazy s’amuse à en déjouer les ressorts. Produits d’entretien aux teintes dernier cri, coton, sacs plastiques, carottes sous forme de galets congelés, macaronis, éponges, serpillières et bassines deviennent les incroyables matériaux de cet art pas comme les autres qui retient la beauté dans la banalité du monde. Proche de l’art povera mais aussi de la patience et de la méticulosité, du respect et du silence, du « déplacement minimum » d’Andy Goldsworthy, Michel Blazy frôle aussi le travail de Richard Long ou du groupe Fluxus et s’intéresse à l’art Pop. « A la différence du Land art où beaucoup d’artistes américains déploient une énergie immense et percent des montagnes, je m’intéresse à l’individu. « Ici, ni emphase du geste, encore moins de spectacle du faire. Le sculpteur a choisi le respect et la grâce, l’échange et l’écoute. L’harmonie.

Le chant des oiseaux couvre un peu sa voix. « J’essaie de créer un univers peuplé d’êtres vivants, avec leurs espèces, leurs familles… Au départ, c’est moi qui les fabrique, mais le but est qu’elles se détachent de moi, qu’elles vivent leur vie ». « Laisser-faire » pourrait être la formule de Michel Blazy ? « Avec tous les problèmes que cela implique dans la vie, oui ! », répond-il dans un éclat de rire.

 

Michel Blazy expose à la Biennale de Jérusalem du 23 septembre au 25 octobre.

Il est également présélectionné pour le Prix Marcel Duchamp 2008 avec Stéphane Calais, Laurent Grasso et Didier Marcel. L’annonce du lauréat se fera pendant la Fiac à la Cour Carrée du Louvre le samedi 25 octobre à11 heures.

Il est représenté par la galerie Art : Concept, 16, rue Duchefdelaville, 75013 Paris. 01 53 60 90 30 . Info@galerieartconcept.com

Image tirée du site vangogho.artblog

Ouvretesyeux a remarqué quatre expositions toniques pour l’été dans le 13ème arrondissement. Avec Stéphane Daflon, galerie Air de Paris, Lothar Hempel, galerie Art : Concept, Pierre Charpin galerie Freo et Margaret Salmon chez gb agency.  Du 24 mai eu 26 juillet, Tél. 01 43 98 00 14.

Anne Kerner : Quels sont les lieux que vous adorez dans cette ville et qu’il ne faut surtout pas manquer pour un visiteur ? Christian Lacroix : C’est au gré de l’instinct de chacun mais à part les musées, il ne faut pas manquer de flâner dans les ruelles tranquilles de la Roquette, près du Rhône à l’est, ou dans celles du l’Hauture, au-dessus des arènes. Et regarder toujours en l’air pour éviter la banalisation des rues principales qui ont perdu les belles devantures anciennes de mon enfance et les commerces qui allaient avec.

Vous avez fait connaître Arles à la planète entière. De quelle manière est-ce important ? Je ne suis pas sûr de ça. Jules César et Van Gogh, Mistral et Daudet, Bizet et Gounod avaient fait le plus gros avant. J’ai pu regretter d’avoir joué les apprentis sorciers à un moment donné car en voulant partager mes racines, j’ai bien cru les voir dévoyées par la mondanité un peu vaine du Lubéron. Les alentours ont perdu de leur authenticité/rusticité avec le tourisme de masse comme partout aussi. Mais l’installation de certains a permis également de garder le cachet initial, d’arrêter les massacres béotiens etc.…

 Le musée Réattu vous accueille pour une exposition qui vous est consacrée. Qu’est ce que vous voulez que l’on retienne tout d’abord de ce musée ?Je veux partager ce musée méconnu, ce lieu parfait où enfant et adolescent je souhaitais vivre, la charge de ces murs où se sont relayés après l’ordre de Malte des artistes éclairés, qui n’a pas échappé à Picasso qui l’a doté d’une mirifique donation. Aujourd’hui en crise de croissance comme beaucoup de musées de ce type, il a besoin d’un coup de main et de projecteur. Alors je viens juste faire dialoguer les siècles passés avec mon entourage d’aujourd’hui. Si le visiteur prend plaisir à assister à ces confrontations dans un décor que j’ai pensé et composé au gré de ce que le lieu m’a apporté en 50 ans, fidèle aux tréfonds de moi-même, et passe un bon moment à partager ce miroir tendu qui ne se prend pas au sérieux, j’en serais très très heureux.

« Les rencontres d’Arles, 39ème édition” avec Christian Lacroix et ses invités. Du 8 juillet au 14 septembre. Voir info@rencontres-arles.com. « Christian Lacroix au musée Réattu », Musée Réattu, 10, rue du Grand Prieuré, 13200 Arles. Tél. : 04 90 49 37 58. Du 18 mai au 31 octobre.

 

Patti “in live” à la Fondation Cartier le 27 mars !

Salon de cuir comme chez elle dit-elle, pour rentrer encore plus dans l’intime. Son intimité. Et tout autour des photos prises par son fameux Land 250 qui ne la quitte jamais. Comme son look. Inébranlable. Egérie. Figure emblématique en jean chemise blanche et gilet d’homme.  Elle bouge dans tous les sens. Ne s’assoit jamais. Laisse ses cheveux lui cacher le visage. On la croyait chanteuse ! Et elle est bien plus ! Cette fille de Chicago, passionnée par Rimbaud et la culture française, s’installe en 1969 au Chelsea Hotel avec le non moins célèbre photographe Robert Mapplethorpe, son amour de jeunesse. Elle s’abreuve alors de poésie et de rock’n’ roll. Presque tout le monde connaît ou devrait connaître son album « Horses » qui reçu le grand prix du disque en 1975. Elle devient alors l’éffigie féminine de la scène rock. 1977 est une mauvaise année. Avec un grave accident de voiture. Patti se plonge dans l’écriture et le dessin. Deux ans plus tard le bonheur revient avec son mariage avec le musicien Fred Sonic Smith. A sa mort en 1995, l’artiste reprend l’appareil photo qui lui procure un « sentiment de libération ». Ses sujets ? Des choses et des êtres chers à son cœur. Les pantoufles de Mapplethorpe, le lit de Virginia Wolf ou les couverts d’Arthur Rimbaud.

Et tout à côté, des dessins frôlent ses travaux photographiques. Comme un murmure. Un chant doux et mélodieux. Fins, raffinés, calligraphiques. Décidemment, on se laisse aller sur sa voix vibrante qui ne cesse de nous envahir pendant la visite de cette oeuvre foisonnante et intense, en regardant une vie remplie de trésor et réalisant des trésors. Pour transmettre de toutes part et sous toutes ses formes sa passion des mots.

Ne ratez pas les soirées nomades avec Patti en personne !

« Patti Smith, Land 250 », Fondation Cartier, 261, boulevard Raspail 75014 Paris. Tél. : 01 42 18 56 50. Du 28/03 au 22/06. Voir www.fondation.cartier.comCourtesy Patti Smith.

A voir : “Patti Smith : Dream of life”, de Steven Sebring (2008). sur Arte le 25 mars à 23 heures : un portrait intime de Patti Smith. Magique !

A lire : catalogue “Land 250″, édition Fondation Cartier, 300 pages, 40 euros. Edition limité signée, 200 euros.

Signature de son livre à la Fondation Cartier le 8 avril de 18h30 à 20h30. 

Ateliers pour les jeunes

mercredi  9 avril, samedi 7 juin, de 15h à 16h30, à partir de 8 ans  : atelier de loisir créatif; la costumière de théâtre et de cinéma Laurence Benoît invite les enfants à participer à un atelier de création manuelle autour des expositions “Patti Smith” et “Andra Branzi”.

samedi 19 avril et 3 mai de 15h à 16h, à partir de 7 ans : visite des expositions “Andrea Branzi” et “Patti Smith”; les jeunes visiuteurs découvrent leurs oeuvres accompagnés par un animateur de la Fondation Cartier.

mercredi 23 avril et le 21 mai de 15h à 17h, à partir de 7 ans : Rock et animaux; les deux musiciens du groupe Le Club des Chats proposent aux enfants de créer un disque sur le thème des animaux : avec Guillaume ils composent et enregistrent une chanson; avec Maya ils fabriquent la pochette du disque. Une fois finalisé, le disque leur est envoyé à l’issue de l’atelier.

Mercredi 30 avril et 28 mai de 15h à 16h30, à partir de 8 ans : portrait chinois; Guidés par la jeunes artiste Félicia Atkinson, les enfants jouent au portrait chinois. Dessins sur papier calque, enregistrement de poèmes sur dictaphone, photos polaroïds composent un portrait de l’enfant, réalisé à l’aide des techniques utilisées par Patti Smith et Andrea Branzi. Chacun emporta ses compositions dans une grande enveloppe décorée.

samedi 31 ami et mercredi 11 juin, de 15h à 15h45, à partir de 6 ans : les vies imaginaires de Patti Smith et Andrea Branzi; avec les enfants, la comédienne Fany Mary parcours les expositions et à partir des oeuvres exposées, invente avec eux la vie de personnages imaginaires.

Renseignement et inscription : 01 42 18 56 67 87