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Diaporama et conférence de presse de Jeff Koons lors du vernisage de l’exposition. Par Christine Barbe.
A seulement 57 ans, le plus cher des artistes du monde ne rêvait plus que de se mettre un petit peu à la place du roi soleil. C’est chose faite. Et malgré toutes les polémiques faites sur ce coup de force, il faut reconnaître l’évènement. Ses oeuvres ont fait le tour du monde. Comme son célèbre lapin gonflable. Ici tous les matériaux sont utilisés, tous les sujets sont abordés. Et il se baigne dans le flux d’images de l’enfance. Si certaines confrontations ne sont pas trop réussies, il est tout de même étonnant et heureux que ses oeuvres comme “Moon” dans la Galerie des glaces, la “Pink Panther” dans le Salon de la Paix… donnent une dimension nouvelle aux salles et aux grands appartements si prestigieux. C’est un flirt sans conteste entre le kitch et le classique avec une oeuvre contemporaine baroquissime qui investit aussi bien l’interieur que l’extérieur du château. Qu’en pensez-vous ?
“Jeff Koons à Versailles”. Voir www.jeffkoonsversailles.com. Du 10 décembre au 14 décembre.
(Dernière interview du film : Damien Cabanes : “Qu’est-ce qui vous a ouvert les yeux sur l’art? Photos du diaporama de l’auteur)
Il y a dix ans, Damien Cabanes offrait des sculptures abstraites et colorées. Puis voilà ses huiles sur toile qui ont eu un succès fou à la dernière foire Artparis. Des tableaux magnifiques où s’étend un corps, des personnages isolés, seuls. Les couleurs se sont atténuées. Ou parfois éclatent. Quant elles se lancent dans une merveilleuse délicatesse. Un sorte de « passion raisonnée » hantent ses œuvres dont l’artiste affirme « Ce ne sont pas les sentiments du modèle que j’exprime mais les miens ». Un travail superbe qui sera mis en valeur par des sculptures de l’artiste.
«Damien Cabanes », Galerie Eric Dupont, 13, rue Chapon, 75003 Paris. Tél. : 01 44 54 04 14. Voir www.eric-dupont.com
Images : Damien Cabanes, “Iris assise et Saskia endormie, 2008, courtesy galerie Eric Dupont Paris; Damien Cabanes, “Louise et Etienne debout”, 2008, courtesy Galerie Eric Dupont, Paris.
Il n’a que 28 ans et pourtant. Sa peinture déjà interpelle. Fortement. Justement. David Lefebvre s’abreuve d’abord d’images qu’il trouve aussi bien dans des magazines, sur l’écran de télévision ou celui d’internet. Il se nourrit de cette matière première et commence à sortir les personnages de leur contexte. Naissent des portraits de la vie quotidienne. Des scènes de genre. Mais il aimerait que ses peintures les rendent anonymes. Quelconques. Il supprime les sentiments, les affects, les codes. Il ne laisse émerger qu’une image réelle. Sans complaisance. Et c’est peut-être cela qui fait sa force. Qui donne à sa peinture cette sorte d’énigme « auquel c’est en énigme qu’il faut répondre », disait Henri Michaux.
« David Lefebvre », Galerie Zürcher, 56, rue Chapon, 75004 Paris. Jusqu’au 6 octobre.
Légendes : vues de l’accrochage de la galerie; “Barque”, 2008; vues de l’accrochage; “sans titre”, 2008, vues de la galerie, “Sans titre, 2008″; “In the kitchen”, 2008) (photos de l’auteur)
A 41 ans, Serguei Barekov dit Serp, travaille entre Moscou et Paris. Pour la galerie Orel Art il a construit « l’Ile du bûcheron ». C’est l’île du naufragé, celle de Robinson. « Un lieu où il faut recréer le monde à partir de l’homme », explique Thierry Dufrêne. C’est aussi la cabane de Baba Yaga avec des nappes en dentelles, de petits tableaux, une vidéo sortant d’un cadre en bois… Mais la maison ressemble étrangement aux corps peints accrochés aux cimaises de la galerie, à ceux accrochés encore dans la cabane même. Disloqués. Coupés à la hache. Ici les fenêtres tombent. Là, les bûches sont dipersées. Comme les membres des corps de ses tableaux. Sans têtes, sans bras, sans jambes. Ici, nous sommes dans un univers étrange où il n’y a ni vie ni mort. A l’image d’une certaine Russie.Tout en noir, gris et blanc. Mais où la cabane peut, peut être tout de même apporter une solution. Un idéal. Un endroit pour se retrouver, pour retrouver l’unité. La paix. Le monde.
“Sergeï Serp”, Galerie Orel Art, 40, rue Quicampoix, 75004 Paris. Tél. : 01 47 20 22 24. www.orelart.com Du 9 septembre au 25 octobre.
(Images prises par l’auteur)
Visite dans son atelier de la banlieue parisienne. En 2002.
Mieux qu’un nom sur une porte : l’insolite tas de terre rond piqué de salades posées juste à côté de la clôture. Blotti en bordure de la Seine, en banlieue parisienne, l’univers de Michel Blazy lui ressemble. Une maison et un atelier comme des cabanes d’enfants. Où l’on vit, l’on joue, l’on crée à l’infini. Avec un jardin. Pas très grand. Juste ce qu’il faut pour mener à bien des expériences botaniques en tout genre et surtout regarder. Regarder vivre son petit monde. Ses métabolismes et ses métamorphoses. « Les choses circulent entre l’atelier, le jardin, la maison », explique t-il de sa voix douce. Visite. Promenade plutôt. Balade au cœur d’une galaxie où tout est surprise et étonnement. Des émotions qui viennent de rien. De presque rien. De peu. Et en même temps de tout ce qu’offre la nature. Le quotidien de la nature. Car ici, nulle orchidée ou plante rare. Le précieux, le beau, le poétique, le fragile et le ravissement naissent de l’attente et de l’imprévisible.
« Je regarde comment les choses se passent sans moi, comment les formes se fabriquent d’elles-mêmes et en relation avec tout ce qui les entoure. Je n’ai pas une culture du jardin. J’essaie simplement de connaître la potentialité des choses pour intervenir de manière minimale…. Je me souviens d’une pomme de terre qui avait été creusée par une limace et cela faisait des tunnels incroyables ». Résultat : ces sublissimes photographies qu’il appelle si joliment ses « léguorites ». « C’est la contraction entre légumes et météorites », explique l’artiste. Ce sont des restes de ma cuisine, poursuit-il, s’accroupissant près d’une tomate sur un coin de terre. Certains matins, il y a un rayon de soleil bien placé…. Je prend une photo ». Images aussi merveilleuses que rares. « Je les considère comme un carnet de croquis. C’est toute cette observation qui fait la base de mon travail de sculpteur. Ce qui m’intéresse, c’est d’avoir avec la matière, la même expérience qu’avec les plantes. Quand je touche quelque chose, je n’ai pas vraiment d’idée, dit-il en caressant une drôle de sphère brune recouvertes d’écailles rose pâle qu’il a présenté à la dernière foire de Bâle. « C’est une boule de coton ficelée. Je passe trois couches de crème au chocolat, j’attends que ça sèche. Je prépare ensuite un mélange de tapioca et de jus de betterave, et je l’enduis ». Pour le Centre Pompidou, il avait fabriqué des œuvres en aluminium et un mur qui pèle. Pour la galerie Art:Concept, il envahissait l’espace d’une symphonie végétale de guirlandes de feuillages et de stalactites de purée de carottes. Pour le Centre d’art du Crestet, il avait inventé un « projet d’habitat agréable aux insectes ». Où les sensations se mélangent. Les sens se troublent. Entre l’optique, l’olfactif et le tactile. Lentement, Michel Blazy se dirige vers un coin du mur de l’atelier. Et dévoile ses essais. Ses recettes. Ses secrets. Moisissures et pelures soigneusement alignées. Des bleus d’azur. Des verts de mers profondes. Sur de petites étagères, d’autres expériences de farine de riz, de mixtures à base de brocolis… fabuleux microcosmes boursouflés et cloqués si fragiles que le moindre souffle peut briser.
L’ancien étudiant de la Villa Arson de Nice adore dénicher ses produits dans toutes sortes de grandes surfaces ? Hypersensible à la consommation ultrarapide de notre société moderne, Blazy s’amuse à en déjouer les ressorts. Produits d’entretien aux teintes dernier cri, coton, sacs plastiques, carottes sous forme de galets congelés, macaronis, éponges, serpillières et bassines deviennent les incroyables matériaux de cet art pas comme les autres qui retient la beauté dans la banalité du monde. Proche de l’art povera mais aussi de la patience et de la méticulosité, du respect et du silence, du « déplacement minimum » d’Andy Goldsworthy, Michel Blazy frôle aussi le travail de Richard Long ou du groupe Fluxus et s’intéresse à l’art Pop. « A la différence du Land art où beaucoup d’artistes américains déploient une énergie immense et percent des montagnes, je m’intéresse à l’individu. « Ici, ni emphase du geste, encore moins de spectacle du faire. Le sculpteur a choisi le respect et la grâce, l’échange et l’écoute. L’harmonie.
Le chant des oiseaux couvre un peu sa voix. « J’essaie de créer un univers peuplé d’êtres vivants, avec leurs espèces, leurs familles… Au départ, c’est moi qui les fabrique, mais le but est qu’elles se détachent de moi, qu’elles vivent leur vie ». « Laisser-faire » pourrait être la formule de Michel Blazy ? « Avec tous les problèmes que cela implique dans la vie, oui ! », répond-il dans un éclat de rire.
Michel Blazy expose à la Biennale de Jérusalem du 23 septembre au 25 octobre.
Il est également présélectionné pour le Prix Marcel Duchamp 2008 avec Stéphane Calais, Laurent Grasso et Didier Marcel. L’annonce du lauréat se fera pendant la Fiac à la Cour Carrée du Louvre le samedi 25 octobre à11 heures.
Il est représenté par la galerie Art : Concept, 16, rue Duchefdelaville, 75013 Paris. 01 53 60 90 30 . Info@galerieartconcept.com











