Archives par catégories art contemporain

“Contes de la folie merveilleuse”, Placide Hôtel, 6, rue Saint-Placide, 75006 Paris. Du 16 au 25 octobre

Diaporama et conférence de presse de Jeff Koons lors du vernisage de l’exposition. Par Christine Barbe.

A seulement 57 ans, le plus cher des artistes du monde ne rêvait plus que de se mettre un petit peu à la place du roi soleil. C’est chose faite. Et malgré toutes les polémiques faites sur ce coup de force, il faut reconnaître l’évènement. Ses oeuvres ont fait le tour du monde. Comme son célèbre lapin gonflable. Ici tous les matériaux sont utilisés, tous les sujets sont abordés. Et il se baigne dans le flux d’images de l’enfance. Si certaines confrontations ne sont pas trop réussies, il est tout de même étonnant et heureux que ses oeuvres comme “Moon” dans la Galerie des glaces, la “Pink Panther” dans le Salon de la Paix… donnent une dimension nouvelle aux salles et aux grands appartements si prestigieux. C’est un flirt sans conteste entre le kitch et le classique avec une oeuvre contemporaine baroquissime qui investit aussi bien l’interieur que l’extérieur du château. Qu’en pensez-vous ?

“Jeff Koons à Versailles”. Voir www.jeffkoonsversailles.com. Du 10 décembre au 14 décembre.

 

 

 

(Dernière interview du film : Damien Cabanes : “Qu’est-ce qui vous a ouvert les yeux sur l’art? Photos du diaporama de l’auteur)

 

 Il y a dix ans, Damien Cabanes offrait des sculptures abstraites et colorées.  Puis voilà ses huiles sur toile qui ont eu un succès fou à la dernière foire Artparis. Des tableaux magnifiques où s’étend un corps, des personnages isolés, seuls. Les couleurs se sont atténuées. Ou parfois éclatent. Quant elles se lancent dans une merveilleuse délicatesse. Un sorte de « passion raisonnée » hantent ses œuvres dont l’artiste affirme « Ce ne sont pas les sentiments du modèle que j’exprime mais les miens ». Un travail superbe qui sera mis en valeur par des sculptures de l’artiste.

 

«Damien Cabanes », Galerie Eric Dupont, 13, rue Chapon, 75003 Paris. Tél. : 01 44 54 04 14. Voir www.eric-dupont.com

Images : Damien Cabanes, “Iris assise et Saskia endormie, 2008, courtesy galerie Eric Dupont Paris; Damien Cabanes, “Louise et Etienne debout”, 2008, courtesy Galerie Eric Dupont, Paris.

Il n’a que 28 ans et pourtant. Sa peinture déjà interpelle. Fortement. Justement. David Lefebvre s’abreuve d’abord d’images qu’il trouve aussi bien dans des magazines, sur l’écran de télévision ou celui d’internet. Il se nourrit de cette matière première et commence à sortir les personnages de leur contexte. Naissent des portraits de la vie quotidienne. Des scènes de genre. Mais il aimerait que ses peintures les rendent anonymes. Quelconques. Il supprime les sentiments, les affects, les codes. Il ne laisse émerger qu’une image réelle. Sans complaisance. Et c’est peut-être cela qui fait sa force. Qui donne à sa peinture cette sorte d’énigme « auquel c’est en énigme qu’il faut répondre », disait Henri Michaux.

 

« David Lefebvre », Galerie Zürcher, 56, rue Chapon, 75004 Paris. Jusqu’au 6 octobre.

Légendes : vues de l’accrochage de la galerie; “Barque”, 2008; vues de l’accrochage; “sans titre”, 2008, vues de la galerie, “Sans titre, 2008″; “In the kitchen”, 2008) (photos de l’auteur)

 

A 41 ans, Serguei Barekov dit Serp, travaille entre Moscou et Paris.   Pour la galerie Orel Art il a construit « l’Ile du bûcheron ». C’est l’île du naufragé, celle de Robinson. « Un lieu où il faut recréer le monde à partir de l’homme », explique Thierry Dufrêne. C’est aussi la cabane de Baba Yaga avec des nappes en dentelles, de petits tableaux, une vidéo sortant d’un cadre en bois… Mais la maison ressemble étrangement aux corps peints accrochés aux cimaises de la galerie, à ceux accrochés encore dans la cabane même. Disloqués. Coupés à la hache.  Ici les fenêtres tombent. Là, les bûches sont dipersées. Comme les membres des corps de ses tableaux. Sans têtes, sans bras, sans jambes. Ici, nous sommes dans un univers étrange où il n’y a ni vie ni mort. A l’image d’une certaine Russie.Tout en noir, gris et blanc. Mais où la cabane peut, peut être tout de même apporter une solution. Un idéal.  Un endroit pour se retrouver, pour retrouver l’unité. La paix. Le monde.

 

“Sergeï Serp”, Galerie Orel Art, 40, rue Quicampoix, 75004 Paris. Tél. : 01 47 20 22 24. www.orelart.com Du 9 septembre au 25 octobre.

 (Images prises par l’auteur)

 

Visite dans son atelier de la banlieue parisienne. En 2002.

 

Mieux qu’un nom sur une porte : l’insolite tas de terre rond piqué de salades posées juste à côté de la clôture. Blotti en bordure de la Seine, en banlieue parisienne, l’univers de Michel Blazy lui ressemble. Une maison et un atelier comme des cabanes d’enfants. Où l’on vit, l’on joue, l’on crée à l’infini. Avec un jardin. Pas très grand. Juste ce qu’il faut pour mener à bien des expériences botaniques en tout genre et surtout regarder. Regarder vivre son petit monde. Ses métabolismes et ses métamorphoses. « Les choses circulent entre l’atelier, le jardin, la maison », explique t-il de sa voix douce. Visite. Promenade plutôt. Balade au cœur d’une galaxie où tout est surprise et étonnement. Des émotions qui viennent de rien. De presque rien. De peu. Et en même temps de tout ce qu’offre la nature. Le quotidien de la nature. Car ici, nulle orchidée ou plante rare. Le précieux, le beau, le poétique, le fragile et le ravissement naissent de l’attente et de l’imprévisible.

« Je regarde comment les choses se passent sans moi, comment les formes se fabriquent d’elles-mêmes et en relation avec tout ce qui les entoure. Je n’ai pas une culture du jardin. J’essaie simplement de connaître la potentialité des choses pour intervenir de manière minimale…. Je me souviens d’une pomme de terre qui avait été creusée par une limace et cela faisait des tunnels incroyables ». Résultat : ces sublissimes photographies qu’il appelle si joliment ses « léguorites ». « C’est la contraction entre légumes et météorites », explique l’artiste. Ce sont des restes de ma cuisine, poursuit-il, s’accroupissant près d’une tomate sur un coin de terre. Certains matins, il y a un rayon de soleil bien placé…. Je prend une photo ». Images aussi merveilleuses que rares. « Je les considère comme un carnet de croquis. C’est toute cette observation qui fait la base de mon travail de sculpteur. Ce qui m’intéresse, c’est d’avoir avec la matière, la même expérience qu’avec les plantes. Quand je touche quelque chose, je n’ai pas vraiment d’idée, dit-il en caressant une drôle de sphère brune recouvertes d’écailles rose pâle qu’il a présenté à la dernière foire de Bâle. « C’est une boule de coton ficelée. Je passe trois couches de crème au chocolat, j’attends que ça sèche. Je prépare ensuite un mélange de tapioca et de jus de betterave, et je l’enduis ». Pour le Centre Pompidou, il avait fabriqué des œuvres en aluminium et un mur qui pèle. Pour la galerie Art:Concept, il envahissait l’espace d’une symphonie végétale de guirlandes de feuillages et de stalactites de purée de carottes. Pour le Centre d’art du Crestet, il avait inventé un « projet d’habitat agréable aux insectes ». Où les sensations se mélangent. Les sens se troublent. Entre l’optique, l’olfactif et le tactile. Lentement, Michel Blazy se dirige vers un coin du mur de l’atelier. Et dévoile ses essais. Ses recettes. Ses secrets. Moisissures et pelures soigneusement alignées. Des bleus d’azur. Des verts de mers profondes. Sur de petites étagères, d’autres expériences de farine de riz, de mixtures à base de brocolis… fabuleux microcosmes boursouflés et cloqués si fragiles que le moindre souffle peut briser.

L’ancien étudiant de la Villa Arson de Nice adore dénicher ses produits dans toutes sortes de grandes surfaces ? Hypersensible à la consommation ultrarapide de notre société moderne, Blazy s’amuse à en déjouer les ressorts. Produits d’entretien aux teintes dernier cri, coton, sacs plastiques, carottes sous forme de galets congelés, macaronis, éponges, serpillières et bassines deviennent les incroyables matériaux de cet art pas comme les autres qui retient la beauté dans la banalité du monde. Proche de l’art povera mais aussi de la patience et de la méticulosité, du respect et du silence, du « déplacement minimum » d’Andy Goldsworthy, Michel Blazy frôle aussi le travail de Richard Long ou du groupe Fluxus et s’intéresse à l’art Pop. « A la différence du Land art où beaucoup d’artistes américains déploient une énergie immense et percent des montagnes, je m’intéresse à l’individu. « Ici, ni emphase du geste, encore moins de spectacle du faire. Le sculpteur a choisi le respect et la grâce, l’échange et l’écoute. L’harmonie.

Le chant des oiseaux couvre un peu sa voix. « J’essaie de créer un univers peuplé d’êtres vivants, avec leurs espèces, leurs familles… Au départ, c’est moi qui les fabrique, mais le but est qu’elles se détachent de moi, qu’elles vivent leur vie ». « Laisser-faire » pourrait être la formule de Michel Blazy ? « Avec tous les problèmes que cela implique dans la vie, oui ! », répond-il dans un éclat de rire.

 

Michel Blazy expose à la Biennale de Jérusalem du 23 septembre au 25 octobre.

Il est également présélectionné pour le Prix Marcel Duchamp 2008 avec Stéphane Calais, Laurent Grasso et Didier Marcel. L’annonce du lauréat se fera pendant la Fiac à la Cour Carrée du Louvre le samedi 25 octobre à11 heures.

Il est représenté par la galerie Art : Concept, 16, rue Duchefdelaville, 75013 Paris. 01 53 60 90 30 . Info@galerieartconcept.com

Image tirée du site vangogho.artblog

Ouvretesyeux a remarqué quatre expositions toniques pour l’été dans le 13ème arrondissement. Avec Stéphane Daflon, galerie Air de Paris, Lothar Hempel, galerie Art : Concept, Pierre Charpin galerie Freo et Margaret Salmon chez gb agency.  Du 24 mai eu 26 juillet, Tél. 01 43 98 00 14.

Anne Kerner : Quels sont les lieux que vous adorez dans cette ville et qu’il ne faut surtout pas manquer pour un visiteur ? Christian Lacroix : C’est au gré de l’instinct de chacun mais à part les musées, il ne faut pas manquer de flâner dans les ruelles tranquilles de la Roquette, près du Rhône à l’est, ou dans celles du l’Hauture, au-dessus des arènes. Et regarder toujours en l’air pour éviter la banalisation des rues principales qui ont perdu les belles devantures anciennes de mon enfance et les commerces qui allaient avec.

Vous avez fait connaître Arles à la planète entière. De quelle manière est-ce important ? Je ne suis pas sûr de ça. Jules César et Van Gogh, Mistral et Daudet, Bizet et Gounod avaient fait le plus gros avant. J’ai pu regretter d’avoir joué les apprentis sorciers à un moment donné car en voulant partager mes racines, j’ai bien cru les voir dévoyées par la mondanité un peu vaine du Lubéron. Les alentours ont perdu de leur authenticité/rusticité avec le tourisme de masse comme partout aussi. Mais l’installation de certains a permis également de garder le cachet initial, d’arrêter les massacres béotiens etc.…

 Le musée Réattu vous accueille pour une exposition qui vous est consacrée. Qu’est ce que vous voulez que l’on retienne tout d’abord de ce musée ?Je veux partager ce musée méconnu, ce lieu parfait où enfant et adolescent je souhaitais vivre, la charge de ces murs où se sont relayés après l’ordre de Malte des artistes éclairés, qui n’a pas échappé à Picasso qui l’a doté d’une mirifique donation. Aujourd’hui en crise de croissance comme beaucoup de musées de ce type, il a besoin d’un coup de main et de projecteur. Alors je viens juste faire dialoguer les siècles passés avec mon entourage d’aujourd’hui. Si le visiteur prend plaisir à assister à ces confrontations dans un décor que j’ai pensé et composé au gré de ce que le lieu m’a apporté en 50 ans, fidèle aux tréfonds de moi-même, et passe un bon moment à partager ce miroir tendu qui ne se prend pas au sérieux, j’en serais très très heureux.

« Les rencontres d’Arles, 39ème édition” avec Christian Lacroix et ses invités. Du 8 juillet au 14 septembre. Voir info@rencontres-arles.com. « Christian Lacroix au musée Réattu », Musée Réattu, 10, rue du Grand Prieuré, 13200 Arles. Tél. : 04 90 49 37 58. Du 18 mai au 31 octobre.

 

 

Avec un commissaire génial qui a monté lui-même son propre groupe de musique rock, le visiteur ne peut que se régaler ! Jérôme Sans, ancien directeur du Palais de Tokyo, a donc réussi le pari de mettre en scène des musiciens qui furent ou sont encore plasticiens. Il montre ainsi que art et Rock’roll font plus que bon ménage ! Et il reste certain que les œuvres de stars comme Yoko Ono, Patti Smith que l’on voit aussi à la fondation Cartier, Lou Reed ou Pete Doherty fascinent.

 

« It’s not Only Rock’n Roll, Baby”, Palais des Beaux-Art, rue Ravenstein 23, 1000 Bruxelles. Tél. : 32 (0)2 507 82 00. Du 17 juin au 14 septembre. Catalogue  de l’exposition  29,50 euros. Voir www.bozar.be

images : Pete Doherty, “Blood portrait”, Courtesy Bankrobber Gallery, London

; Laurie Anderson, “Playing “The Talking Stick from Songs ans Stories from Moby Dick”, 1999, photo Franck Micelotta; Ben Van Looy, “Untitled”, 2006, courtesy Philippe de Gobert