Le célèbre plasticien Claude Levêque toujours en quête d’émotions fortes s’installe chez Louis Vuitton où il espère que le visiteur retrouvera son âme d’enfant hanté par la lumière et le noir, le rêve et l’angoisse. A 28 ans, Laurent Pernot présente dans la vitrine de Christian Dior « Le Quid », un film d’animation où son personnage, à la fois Petit Prince et Peter Pan, finalement pas très rassurant…,  fait errer l’imagination entre le vivant et le mort…. Plus coloré et ludique, ouf, et merveilleusement baroque,  l’univers de Marina de Caro joue des matières et des couleurs chez Kenzo pour inventer un nouveau lieu unique et terriblement sensible, tandis que Marlène Mocquet présente ses dessins à la naïveté enfantine, si raffinée, si flous, à la limite du spectrale et du rêve dans la boutique Christian Lacroix. Le café de Flore se retrouve envahit par les photographies de Nicole Tran Ba Vang, toujours inspirée par le corps et son environnement, créant pour ce lieu magique un dispositif de miroir où le visiteur et même les habitués du lieu pourraient bien se perdre ! C’est chez Arthus-Bertrand que les réflexions sur la nature et la culture de Karen Knorr se révèlent avec sa mystérieuse série de photographies où l’artiste donne aux animaux des attitudes humaines. Ils sont une trentaine dans une trentaine de lieux !  Attention, « Il était une fois »… rêve ou réalité ?

 

« Il était une fois… » 6ème édition du parcours Saint Germain. Voir www.parcoursaintgermain.com. Du 29 mai au 19 juin.

 

Il a 53 ans et est célèbre dans le monde entier. Le plasticien allemand Andreas Gursky, connu pour ses images sur la société de consommation dévoile pour la première fois à Chaumont-sur-Loire une série sur le paysage. Une série magique. Magnifique. Sublime. Où le visiteur pénètre littéralement dans ces immenses photographies de plus de 5 mètres. Mais attention, dans cette nature vierge, quelque part, tout petit, minuscule, dans l’infini, l’homme reste présent.

 

 « Andreas Gursky », Domaine de Chaumont-sur-Loire, 41150 Chaumont-sur-Loire. Tél. 02 54 20 99 22. Jusqu’au 31 août. www.domaine-chaumont.fr

Les Selfs-Hybridations d’Orlan. Une recherche que l’artiste mène depuis 20 ans déjà. Une recherche approfondie. Fondamentale. Qui ne cessent de parler du corps, du sacré, de la féminité, de la beauté. Et grâce aux nouvelles technologies, Orlan s’amuse. Et cette jusqu’auboutiste de convoquer pour cette exposition les grandes figures de l’histoire de l’Amérique comme celle de l’histoire de l’art américain. Recherches corporelles et faciales qui donnent des images puissantes et d’une picturalité photographique remarquable où se fondent les portraits de l’artiste. Après avoir incarné la Maya de Goya et l’Odalisque d’Ingres, elle se tourne désormais vers les cultures non occidentales pour mieux poursuivre son brassage de l’espèce humaine.  

 

« Orlan, Self-hybridations Indiennes-Américaines », Galerie Michel Rein, 42, rue de Turenne, 75003 Paris. Tél. : 01 42 72 68 13. Du 12 avril au 17 mai. www.michelrein.com

Photo, courtesy galerie Michel Rein, Paris

L’artiste japonais n’envahit pas que le Palais de Tokyo avec une toile de 250 mètres de long ! Vivant désormais entre Paris et Taïwan, reconnu dans les plus grandes biennales mondiales, il sait aussi faire petit ! Et pour les cafés illy, il a crée une collection de tasses à café inspirées des bols traditionnels japonais et des sets de table à usage unique qui révolutionnent les codes italiens de la marque ! Bien sûr, ses chers motifs floraux sont toujours présents, dans un bleu  pur qui introduit audace et élégance dans les instants privilégiés du quotidien. Une très belle initiative.

Le coffret de deux bols et de 50 sets : 49,50 euros, dans les épiceries fines et grands magasins.

Que vois-tu à l’exposition ?

Son mot d’ordre : créer des meubles confortables ».  « J’ai traité du pouvoir, de la représentation par le biais du fonctionnalisme. La volumétrie des pièces en était une des dimensions : une révérence ». Depuis les années 50, Pierre Paulin bouleverse les codes et les styles de vie des français. Incontournable, il a été reconnu sous la présidence de Georges Pompidou et celle de François Mitterrand pour qui il aménagea un grand nombre de pièces pour l’Elysée. Son travail apparaît toujours magnifique. Des sièges souples et moelleux, des courbes invitation au repos, des banquettes à combinaison multiples où l’on peut s’asseoir comme on veut ! Sa qualité reste avant tout une synthèse entre tradition et modernité. Tout dans les tons beiges pour l’Elysée, Pierre Paulin adore aussi les couleurs comme le montre si bien la photo ci-dessus. A 81 ans, il étonnera toujours !

 

« Pierre Paulin, le design au pouvoir », Galerie des Gobelins, 42, avenue des Gobelins, 75013 Paris. Tél. : 01 44 08 53 49. Jusqu’au 27 juillet.

Ils sont trois et n’ont pas froid aux yeux ! Tous pluridisciplinaires, aussi bien dessinateurs, photographes, vidéastes et musiciens, le PG  Group tente de montrer la pensée du plus grand nombre. Et ce grand nombre, ce sont les russes ! On y voit l’invasion des Chinois en Russie, avec tout ce qu’elle peut comporter comme violences en tous genre…, les hommes s’exilant sur une autre planète car envahis par la neige, Moscou se transformant en paradis terrestre !!! Ca dérange, ça secoue dans tous les sens ! Caroline et Jacqueline Moussion n’ont toujours pas fini de nous étonner !

 

« PG Group », Galerie Rabouan Moussion, 121, rue Vieille du Temple, 75003 Paris. Tél. : 01 48 87 75 91. www.rabouan-moussion.com.

Qu’est ce que la figuration narrative ?

A la fin des années 50, les avant-gardes abstraites s’épuisent. Les jeunes artistes parisiens n’y voient qu’une impasse et choisissent une nouvelle voie qui leur corresponde, la figuration narrative. Ils étaient trois à avoir inventé ce mouvement : le critique d’art Gérarld Gassiot-Talabot, et les peintres Bernard Rancillac et Hervé Télémaque qui organisent ensemble une exposition révolutionnaire rassemblant 34 peintres. Leur but ? Placer la société contemporaine et ses images au cœur de leur travail. La figuration narrative est donc née et les peintres accourent de toutes part. Nous sommes au début des années 60 et plusieurs univers les interpellent. Ils s’inspirent des bandes dessinées, d’Hergé, de Walt Disney, des films noirs ou des romans policiers, des graffiti, des rues, de la publicité. Ils s’amusent également à détourner les tableaux des grands maîtres. Et bien sûr se politisent avec la guerre du Vietnam, la révolution culturelle chinoise ou mai 68. Les voilà devenus chroniqueurs d’une nouvelle société de consommation tout en en dénonçant les aliénations… « …pour parler des choses de notre temps il faut trouver une forme esthétique qui corresponde à l’actualité de notre discours. … Je voulais peindre d’une façon nouvelle. En utilisant des documents comme la presse, la photographie, la pub », explique encore Rancillac.  Ils s’appellent encore Aillaud, Adami, Arroyo, Cueco, Erro, Klasen, Fromanger, Stämpfli, Voss…

 

L’exposition montre une centaine de peintures, des objets, des films. Avec des documents qui t’aident à comprendre le climat révolutionnaire dans lequel sont nées ces œuvres.

 

« Figuration narrative. Paris, 1960-1972 », Galeries nationales du Grand-Palais. Du 16 avril au 13 juillet. www.rmn.fr

Lire le catalogue de l’exposition, 350 pages, 49 euros.

 A voir sur Arte le 19 avril à 18h : « Quand l’art prend le pouvoir ».

“Design contemporain finlandais. Promenons nous dans le bois”, 107, rue de Rivoli, 75001 Paris. Voir www.lesartsdecoratifs.fr. Du 29 mai au 31 août.